Dans ces premiers 8es de finale, les émotions, la tension et le suspens auront été à leur paroxysme. Le Maroc a fait preuve de patience face à un Canada combatif, tout comme la France qui s’est défait du Paraguay. De son côte, la Norvège d’Erling Haaland n’en finit plus et disputera son tout premier quart de finale de Coupe du Monde. Enfin, l’Angleterre est à venue à bout du Mexique, malgré son infériorité numérique…
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Remake France–Maroc en quart de finale
Opposé au Canada en 8e de finale, le Maroc d’Achraf Hakimi a dû se montrer patient face à une formation canadienne qui a mis la pression d’entrée. Jonathan David a notamment mis Bounou à contribution dès la 7e minute. Le gardien des Lions de l’Atlas récidive avec une nouvelle parade trois minutes plus tard. Les hommes de Jesse Marsch se montrent dangereux sur corner à la 18e minute, sur une tête de Johnston, étonnamment seul au point de penalty.
Ce premier acte aura vu Ismaël Saibari sortir sur blessure — un coup dur pour les Marocains, qui devront peut-être se passer de leur meilleur buteur pour le quart de finale contre la France, jeudi à 22 heures (heure française). Malgré les occasions concédées, le Maroc conserve la possession du ballon (61 % à la 26e minute), mais les Lions de l’Atlas ne tirent pas une seule fois au but avant la 28e minute et une tentative d’El Khannouss. Les deux équipes rentrent au vestiaire dos à dos.
C’est en seconde période que les Lions commencent à rugir. Azzedine Ounahi (ex-OM) ouvre le score à la 50e minute sur un service d’Achraf Hakimi, avant de s’offrir un doublé à la 82e minute et de donner à son équipe une avance plus confortable dans ce match qui a mis du temps à se décanter. C’est ensuite Rahimi, entré à la place de Saibari, qui clôt la marque et valide définitivement la qualification marocaine pour les quarts de finale.
Un match qui opposera Achraf Hakimi à Kylian Mbappé et l’équipe de France, venue à bout du Paraguay sur la plus petite des marges (1-0). Une rencontre qui a vu le Paraguay évoluer en 5-4-1, avec des lignes très resserrées et une agressivité que Bradley Barcola n’avait, selon ses mots, jamais connue jusqu’alors : « Je n’ai jamais joué un match comme cela, avec autant de coups. » Une déclaration qui en dit long sur la mentalité affichée par les Paraguayens tout au long de la rencontre.
Si certains critiquent cette approche, les Paraguayens estiment que le football est fait de contacts, comme le résume Orlando Gill, gardien du Paraguay : « C’est ça, le football, et s’ils n’y sont pas habitués, que pouvons-nous y faire ? » Une riposte aux déclarations françaises qui alimentera les débats dans les prochains jours.
Malgré une opposition physique sans précédent, Kylian Mbappé et ses coéquipiers ont montré la mentalité requise dans ce type de rencontre. Le capitaine des Bleus est revenu sur le jeu paraguayen, tout en soulignant le bel état d’esprit affiché par la France : « On savait à quel type de match s’attendre. S’il faut mettre les mains dans la m****, on le fera. Ils pensaient qu’on allait venir jouer en smoking… On sait faire le sale football aussi. » Dans ce match fermé, la lumière est venue du banc : à son entrée, Désiré Doué, par sa vivacité et ses dribbles, obtient le penalty décisif, validé après recours à la VAR. C’est Kylian Mbappé qui se charge de le transformer, inscrivant ainsi son 19e but en 19 matchs de Coupe du monde.
Pour son quart de finale, l’équipe de France retrouvera le Maroc dans un remake de la demi-finale du Mondial 2022 — un match également marqué par les retrouvailles entre Kylian Mbappé et Achraf Hakimi, unis par une réelle amitié nouée au Paris Saint-Germain.
Haaland, bourreau du Brésil…
La Norvège a créé l’une des plus grandes surprises de cette Coupe du monde 2026 en éliminant le Brésil (2-1) au terme d’un huitième de finale intense et spectaculaire. La Seleção a pourtant longtemps semblé maîtriser les débats, se procurant plusieurs occasions franches dès la première période. Les Brésiliens ont notamment manqué l’occasion d’ouvrir le score lorsque Bruno Guimarães a vu son penalty repoussé par l’excellent Ørjan Nyland, auteur d’un match exceptionnel dans les buts norvégiens.
Malgré la domination brésilienne, la Norvège est restée disciplinée et dangereuse en contre-attaque. Alors que la rencontre semblait se diriger vers une prolongation, Erling Haaland a fait parler son réalisme en ouvrant le score de la tête à la 79e minute, sur un centre d’Andreas Schjelderup. Quelques minutes plus tard, l’attaquant norvégien double la mise d’une frappe précise, achevant les espoirs brésiliens.
Neymar a bien réduit l’écart sur penalty dans le temps additionnel, mais il était déjà trop tard pour inverser le cours de la rencontre. Grâce à son efficacité et à la performance héroïque de son gardien, la Norvège décroche une qualification historique pour les quarts de finale, tandis que le Brésil quitte prématurément la compétition avec de nombreux regrets.
Cette victoire retentissante confirme les ambitions norvégiennes, portées par un Haaland au sommet de son art, et laisse entrevoir de nouvelles surprises dans la suite du tournoi.
Cette Angleterre a du caractère…
Dans une ambiance électrique au stade Azteca, l’Angleterre a validé son billet pour les quarts de finale en venant à bout du Mexique (3-2) au terme d’un match riche en rebondissements. Portés par leur public et dominateurs dans les premières minutes, les Mexicains ont été surpris par l’efficacité anglaise, notamment celle de Jude Bellingham, auteur d’un doublé éclair en l’espace de deux minutes : le milieu de terrain britannique ouvre le score de la tête avant de profiter d’une récupération haute pour inscrire un second but et donner un avantage conséquent aux Three Lions.
Loin d’abdiquer, le Mexique revient dans la rencontre grâce à Julián Quiñones avant la pause, relançant totalement le suspense. La seconde période bascule ensuite lorsque le défenseur anglais Jarell Quansah est expulsé, laissant son équipe à dix contre onze. Malgré cette infériorité numérique, Harry Kane permet à l’Angleterre de reprendre deux buts d’avance en transformant un penalty obtenu par Anthony Gordon. Le Mexique continue de pousser et Raúl Jiménez réduit l’écart sur penalty à son tour. Les dernières minutes se transforment en véritable siège de la surface anglaise, mais Jordan Pickford et la défense des Three Lions tiennent bon face aux assauts mexicains. Courageuse et réaliste, l’Angleterre s’impose finalement 3-2 et poursuit son aventure mondiale.
Cette rencontre spectaculaire a démontré le caractère et la résilience des Anglais, qui devront afficher les mêmes qualités lors de leur prochain défi face à la surprenante Norvège d’Erling Haaland.
Entre le réalisme marocain, la résilience française, l’exploit norvégien et le courage anglais, ces huitièmes de finale auront confirmé que cette Coupe du monde 2026 ne fait pas de cadeaux aux favoris. Le Brésil et Neymar en paient déjà le prix, tandis que d’autres grandes nations devront se méfier d’adversaires portés par l’envie et l’audace plutôt que par le seul palmarès.
Reste à savoir si le rapport de force habituel reprendra ses droits en quarts de finale, ou si cette dynamique de surprises va se poursuivre. Le remake France-Maroc, chargé d’histoire et de retrouvailles amicales entre Mbappé et Hakimi, promet une intensité particulière : les Lions de l’Atlas referont-ils un coup d’éclat comme en 2022, ou les Bleus sauront-ils cette fois exorciser ce souvenir ? De son côté, l’Angleterre devra hausser encore son niveau de jeu si elle veut stopper l’incendie Haaland, qui semble avoir trouvé la formule pour transformer chaque match en démonstration de force tranquille.
Une chose est sûre : après des 8es de finale aussi spectaculaires, les quarts s’annoncent déjà comme l’un des nouveaux tournants de ce Mondial 2026.
Paul Laffisse