L’Olympique de Marseille doit composer avec un héritage financier lourd pour ce mercato estival. Entre une masse salariale jugée disproportionnée par rapport au niveau réel de certains joueurs et des investissements colossaux qui n’ont pas toujours porté leurs fruits sportivement, le bilan de l’ère Pablo Longoria interroge. Deux constats, révélés respectivement par La Provence et L’Équipe, viennent éclairer l’ampleur du chantier qui attend la nouvelle direction.
Des salaires “OM” déconnectés du marché
Un agent ayant régulièrement négocié avec le club phocéen n’a pas mâché ses mots dans La Provence, pointant une politique salariale calquée sur celle de clubs bien plus huppés. Il cite notamment les cas de Geoffrey Kondogbia et Pierre-Emile Højbjerg, dont les rémunérations auraient été alignées sur les standards pratiqués respectivement à l’Atlético Madrid et à Tottenham. Une formule résume ce constat : “On a peut-être vu trop grand.”
Les premiers départs de l’été, ceux de Mason Greenwood, Pierre-Emerick Aubameyang et Hamed Traoré, qui émargeaient tous à plus de 300 000€ bruts mensuels, représenteraient déjà une économie annuelle avoisinant les 15M d’euros. Un premier pas insuffisant néanmoins, la masse salariale du club restant supérieure à 100M d’euros. Plusieurs gros contrats demeurent sur la sellette : Højbjerg, Kondogbia, Nayef Aguerd, Leonardo Balerdi, Igor Paixão, Facundo Medina, Quinten Timber ou encore Gerónimo Rulli.
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278M€ dépensés en trois mercatos, pour une seule qualification en C1
Ce constat sur les salaires fait écho à un autre chiffre révélé par L’Équipe : l’OM a dépensé 278,2 millions d’euros lors de ses trois derniers mercatos d’été, sans que ces investissements se traduisent systématiquement par des résultats à la hauteur. Sur cette période, le club n’a atteint qu’une seule fois son objectif de qualification en Ligue des Champions, lors de la saison 2024-2025, terminée à la deuxième place de Ligue 1 après l’arrivée de renforts majeurs comme Greenwood, Højbjerg ou Rabiot.
Le quotidien sportif rappelle à titre de comparaison que l’OM a parfois obtenu de meilleurs résultats avec des moyens bien plus limités : quatre recrues pour moins de 3M d’euros en 2012, année d’une deuxième place en Ligue 1, ou encore les seules arrivées de Valentin Rongier et Dario Benedetto pour environ 27M d’euros lors de la saison 2019-2020, marquée par une deuxième place au moment de l’arrêt du championnat sous André Villas-Boas.
Entre une grille salariale à revoir de fond en comble et des dépenses XXL qui n’ont pas toujours été synonymes de réussite sportive, le nouveau trio de tête, Genesio, Richard et Lorenzi, doit désormais réinventer un modèle plus maîtrisé. Reste à savoir si cette rigueur imposée par les circonstances financières permettra à l’OM de renouer avec la régularité européenne, ou si elle viendra au contraire limiter ses ambitions sportives dans les saisons à venir.
Paul Laffisse