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Édito OM : assainir les comptes, oui… mais jusqu’où peut aller le déclassement ?

Par La rédaction FCM - Mis à jour le - Publié le

L’OM devait remettre de l’ordre dans ses finances. Sur ce point, le constat est difficilement contestable. Après plusieurs saisons de pertes lourdes et une masse salariale devenue difficilement soutenable, Frank McCourt a imposé une cure de rigueur spectaculaire. Mais à Marseille, la question n’est plus seulement financière : jusqu’où peut-on réduire la voilure sans provoquer une véritable catastrophe sportive ?

Stéphane Richard a assumé la nouvelle trajectoire. Le président olympien a expliqué qu’il faudrait au moins deux saisons pour revenir à l’équilibre, avec encore un mercato supplémentaire et de nouvelles évolutions à venir.

Dans le même temps, il reconnaît que l’objectif n’est pas encore atteint. Cela signifie que les efforts réalisés cet été ne constituent probablement qu’une première étape.

Et ils ont déjà été considérables.

L’OM a terminé le mercato sans la moindre recrue, après avoir perdu plusieurs joueurs importants. Bruno Genesio n’avait d’ailleurs pas imaginé une situation aussi radicale lorsqu’il a accepté le projet.

« Je ne savais pas qu’on n’allait pas recruter. C’est la première fois que je le vis. »

Le technicien marseillais a aussi rappelé avoir perdu ses deux meilleurs buteurs, son gardien et Facundo Medina, avant de lâcher une phrase qui résume toute la contradiction du projet :

« Je ne suis pas venu pour jouer le milieu de tableau. »

Deux ou trois ans de rigueur : un pari très risqué

Sur le papier, la logique est compréhensible. L’OM ne pouvait pas continuer à accumuler les déficits en comptant éternellement sur McCourt pour remettre de l’argent.

Bixente Lizarazu l’a d’ailleurs souligné :

« Ils vivaient au-dessus de leurs moyens. […] Je trouve que c’est plutôt sain de redémarrer sur cette base-là. »

Mais assainir un club ne signifie pas forcément l’affaiblir au point de compromettre ses revenus futurs.

Car le risque est là. Si cette période de rigueur doit durer deux ou trois saisons, l’OM doit malgré tout rester européen, conserver ses meilleurs joueurs et continuer à valoriser son effectif.

Une saison ratée peut vite entraîner la suivante : moins de revenus européens, moins d’attractivité, davantage de ventes nécessaires et encore moins de marge pour reconstruire.

C’est le cercle vicieux que Marseille doit absolument éviter.

Éric Di Meco a résumé la situation sportive avec une formule sévère :

« Il y a plus de faiblesses que de forces. »

Après trois journées, il est évidemment beaucoup trop tôt pour parler de catastrophe. Mais dans un club aussi exposé que l’OM, avec un effectif réduit et un calendrier chargé, le scénario d’une saison qui dérape ne peut pas être totalement écarté.

L’OM devait arrêter de vivre au-dessus de ses moyens. C’était nécessaire.

Mais la réussite du nouveau projet se jugera désormais sur une frontière beaucoup plus fine : retrouver l’équilibre financier sans tomber dans le déclassement sportif.

Car à Marseille, deux ou trois années de rigueur ne seront acceptables que si elles construisent quelque chose. Pas si elles installent durablement l’OM dans une ambition devenue ordinaire.

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