Malgré une possession largement supérieure à celle de ses adversaires et une maîtrise technique dans la circulation du ballon, l’OM reste sur deux défaites consécutives. Les premières statistiques de la saison dessinent un paradoxe : Marseille monopolise le ballon, mais peine encore à transformer cette domination en occasions franches.
Après trois journées de Ligue 1, l’Olympique de Marseille a déjà installé l’un des principes souhaités par Bruno Genesio : contrôler les rencontres grâce au ballon. Avec une moyenne proche de 64 % de possession, l’OM apparaît comme l’une des équipes les plus dominantes du championnat dans ce domaine.
Les Marseillais réalisent également près de 605 passes réussies par match, avec un taux de réussite élevé de 91,7 %. Sur le papier, ces données sont celles d’une formation techniquement supérieure à la plupart de ses adversaires. Mais le classement et le contenu des deux dernières rencontres racontent une autre histoire.
Une possession qui ne se transforme pas suffisamment en danger
La statistique la plus révélatrice concerne les expected goals. Après les trois premières journées, l’OM n’a généré qu’environ 4,7 xG, soit le douzième total de Ligue 1 selon les données de FotMob.
Marseille a pourtant inscrit six buts. Cela signifie que les Olympiens ont, pour le moment, marqué davantage que ce que la qualité moyenne de leurs occasions pouvait laisser espérer.
Cette efficacité peut sembler rassurante, mais elle masque une production offensive encore insuffisante. L’OM fait beaucoup circuler le ballon sans parvenir à entrer suffisamment souvent dans les zones réellement dangereuses.
La possession marseillaise permet de conserver le ballon, mais pas encore de contrôler les événements décisifs d’un match.
Le succès inaugural face à Strasbourg avait en partie dissimulé ce problème. L’OM avait marqué quatre fois pour environ 1,9 xG, avec un penalty et deux réalisations inscrites dans les dernières minutes face à une équipe réduite à dix. La victoire était logique, mais son ampleur ne reflétait pas totalement le nombre d’occasions créées.
Face au Paris FC, le paradoxe marseillais
La défaite contre le Paris FC illustre parfaitement les limites actuelles de cette possession. Selon les statistiques d’ESPN, l’OM a terminé la rencontre avec :
- 60 % de possession ;
- 596 passes réussies, à 92 % de réussite ;
- 1,50 expected goal ;
- 5 tirs cadrés ;
- 2 occasions franches créées.
En face, le Paris FC n’a eu besoin que de 40 % du ballon pour produire 2,99 xG, cadrer à sept reprises et se procurer trois occasions franches.
Le problème n’est donc pas uniquement la quantité de ballon perdue. Il réside surtout dans ce qui se passe avant et après cette perte. Marseille mobilise plusieurs joueurs pour construire ses attaques, sans toujours déséquilibrer le bloc adverse. Lorsque le ballon est rendu, l’équipe se retrouve exposée et laisse à son adversaire des espaces beaucoup plus importants.
Le contraste est saisissant : l’OM doit multiplier les passes pour se rapprocher du but adverse, tandis que ses adversaires peuvent créer une situation dangereuse en quelques secondes.
Beaucoup de passes, mais trop peu de changements de rythme
Une passe réussie ne signifie pas nécessairement une progression. Une équipe peut afficher plus de 90 % de réussite en faisant circuler le ballon entre ses défenseurs et ses milieux sans jamais éliminer une ligne adverse.
C’est actuellement l’une des limites du jeu marseillais. L’OM trouve régulièrement des solutions dans les premières phases de construction, mais manque ensuite de vitesse, de profondeur et de prises de risque dans les trente derniers mètres.
À Monaco déjà, Marseille avait contrôlé le ballon durant de longues séquences sans parvenir à réellement menacer le but adverse. L’ASM avait accepté de moins construire, mais avait su exploiter les espaces avec beaucoup plus de verticalité. Reuters soulignait ainsi que l’OM avait longtemps contrôlé la possession tout en peinant à se procurer des tirs dangereux.
Genesio face à un choix important
Bruno Genesio doit désormais rendre cette possession beaucoup plus agressive. Cela passe notamment par davantage d’appels en profondeur, une circulation plus rapide, des joueurs capables d’éliminer et une occupation plus cohérente de la surface adverse.
L’entraîneur marseillais doit également trouver un meilleur équilibre à la perte du ballon. Car la possession ne peut pas devenir une fragilité : plus l’OM installe de joueurs dans le camp adverse, plus il doit être capable d’empêcher les transitions.
Le faible échantillon de trois rencontres interdit évidemment de tirer des conclusions définitives. Mais la tendance mérite d’être surveillée. Marseille possède beaucoup le ballon, réussit énormément de passes et donne parfois l’impression de diriger les débats. Pourtant, ce sont encore ses adversaires qui obtiennent les situations les plus dangereuses.