Avec les départs de Mason Greenwood, Facundo Medina ou encore Quinten Timber, l’OM a généré des recettes importantes cet été. Mais derrière les montants annoncés se cache une question récurrente : Marseille sait-il vendre ses joueurs au meilleur moment ?
Les plus grosses ventes sont rarement récentes
Les ventes les plus marquantes de l’histoire de l’OM restent longtemps demeurées celles de Michy Batshuayi, Didier Drogba ou Franck Ribéry. Leur point commun ? Marseille avait accepté de les céder lorsqu’ils étaient jeunes, performants et très recherchés.
Batshuayi avait ainsi rejoint Chelsea pour 39 millions d’euros, Drogba avait été transféré pour 38,5 millions et Ribéry pour 30 millions. Trois départs difficiles sportivement, mais réalisés au sommet de leur valeur marchande.
À l’inverse, l’OM a trop souvent attendu de se retrouver dos au mur. Boubacar Kamara et Florian Thauvin sont partis libres, tandis que Duje Caleta-Car, recruté pour environ 19 millions d’euros, a finalement été vendu 8 millions à Southampton à un an de la fin de son contrat.
Marseille vend encore trop souvent sous contrainte
Le problème n’est donc pas uniquement de savoir négocier. Il consiste surtout à anticiper le bon moment pour vendre. Entre les changements d’entraîneur, les besoins financiers, les salaires élevés et les contrats qui approchent de leur terme, l’OM se retrouve régulièrement avec une marge de manœuvre réduite.
Le cas de Mattéo Guendouzi est également révélateur. Devenu moins indispensable à Marseille, le milieu français avait été cédé à la Lazio dans une opération pouvant atteindre 18 millions d’euros. Quelques années plus tard, sa valeur avait nettement progressé sur le marché. Sans être une mauvaise vente, son départ donne le sentiment que l’OM n’a pas pleinement profité de son meilleur cycle sportif. Que dire de Ndiaye, Sarr, Suarez, Koné, Bakola ou encore Rowe…
Greenwood, une vente record en trompe-l’œil ?
Le transfert de Mason Greenwood à Fenerbahçe pour 39 millions d’euros représente l’une des plus grosses ventes de l’histoire marseillaise. Mais Manchester United devait récupérer une part importante de l’opération en raison du pourcentage négocié lors de son arrivée. Seulement 60 % du montant vont revenir à l’OM.
Cette opération rappelle qu’un montant spectaculaire ne garantit pas forcément une énorme plus-value. L’équilibre économique d’un transfert se joue dès le recrutement, avec le prix d’achat, le salaire, la durée du contrat et les éventuelles clauses de revente.
Pour franchir un cap, l’OM doit donc penser ses ventes avant d’être obligé de les réaliser. Prolonger suffisamment tôt, identifier les joueurs arrivés au sommet de leur cycle et préparer leur succession permettraient au club de négocier en position de force.
La meilleure vente n’est pas toujours celle qui rapporte le plus. C’est surtout celle qui est décidée par l’OM, et non imposée par les circonstances.