Si le Portugal a arraché sa qualification dans les dernières secondes face à la Croatie, l’Espagne et la Suisse se sont défaits de l’Autriche et l’Algérie avec moins de difficulté… Cristiano Ronaldo sera opposé à Lamine Yamal pour un 8es de finale qui s’annonce décisif… De son côté, la Nati (Suisse) sera opposée au vainqueur du match entre la Colombie et le Ghana…
La Roja en démonstration
La formation de Luis de la Fuente continue sa montée en puissance lors de cette Coupe du Monde. Inquiétante à cause d’un manque d’efficacité criant face au Cap-Vert lors de son premier match de poule, la Roja déroule depuis. Sa dernière victime en date : l’Autriche de David Alaba. Une rencontre au cours de laquelle les Espagnols ont dominé les Autrichiens, avec notamment 64,4 % de possession contre 35,6 %. Le fameux « tiki-taka » aura été fatal à la sélection de Ralf Rangnick.
L’Espagne donne le ton très rapidement dès le début du match. Lamine Yamal récupère le ballon avec entrain et réalise un joli une-deux avec Mikel Oyarzabal avant de conclure l’action par une frappe trop molle pour battre le gardien autrichien Schlager. Le danger se rapproche, et la Roja pense prendre l’avantage sur un but de Marc Cucurella (refusé par la VAR) à la 29e minute, suite à un corner de Lamine Yamal. Le nouveau latéral gauche du Real Madrid n’a pas eu le temps de cogiter sur ce fait de jeu : il est passeur décisif pour Oyarzabal sept minutes plus tard, avec un centre en retrait parfait que l’attaquant de la Real Sociedad n’a plus qu’à conclure d’un plat du pied.
Lors du second acte, la tendance ne s’inverse pas : l’Espagne garde le ballon et continue d’attaquer. Cette domination est concrétisée par le latéral droit Pedro Porro (Tottenham). Avec deux buts d’avance, les Espagnols se facilitent la tâche et peuvent définitivement jubiler lorsque Oyarzabal scelle la victoire nette et sans bavure de la Roja, s’offrant au passage un doublé.
Pour son 8e de finale, l’Espagne affrontera le Portugal, qui s’est péniblement défait de la Croatie de Luka Modric (qui disputait là son dernier match avec sa sélection). La rencontre aura lieu au Dallas Stadium d’Arlington, au Texas. Coup d’envoi à 21 heures (heure française) ; le match sera diffusé sur M6 et beIN Sports 1.
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Le Portugal s’est fait peur, Ramos le joker de luxe
Dans un premier acte plutôt à l’avantage du Portugal, les hommes de Roberto Martínez affichent leur ambition d’entrée, avec une première occasion pour Bruno Fernandes dès la 4e minute. Cristiano Ronaldo et ses coéquipiers veulent confirmer leur montée en puissance dans ce Mondial 2026. Malgré cinq tirs au quart d’heure de jeu, les Portugais ne concrétisent pas leurs occasions et ne sont pas à l’abri d’être punis par le réalisme croate. C’est exactement ce qui arrive à la 53e minute, lorsqu’Ivan Perišić marque du pied gauche suite à un centre de Stanišić. Mené, le Portugal de Cristiano Ronaldo ne tarde pas à réagir : 15 minutes plus tard, celui-ci égalise pour la sélection lusitanienne. Cette qualification en 8e de finale est également à mettre au crédit du dernier rempart portugais, Diogo Costa, auteur d’un arrêt décisif à la 77e minute.
Si le but refusé à Gvardiol au bout du temps additionnel (90e+12) ne cessera de faire parler, il n’a pas été le seul litige de ce match pour les Croates : le milieu de l’Inter Sučić s’est également vu refuser une réalisation pour position de hors-jeu. Après s’être fait peur, le Portugal réagit et crucifie la Croatie par l’intermédiaire de l’inévitable Gonçalo Ramos, qui excelle dans son rôle de joker de luxe. Le nouvel attaquant du Milan AC affiche un bilan impressionnant : 21 buts inscrits en sortant du banc. Ce moment aurait pu être le point de bascule, sans compter l’ultime action du match. Suite à un centre et une remise de Mario Pašalić, Josko Gvardiol pense égaliser pour la Croatie. Son but sera finalement refusé pour une position de hors-jeu initiale du milieu de l’Atalanta Bergame — une décision qui n’a pas fini de faire parler, d’autant que les ralentis montrent que Renato Veiga touche bien le ballon, mais involontairement, ce qui justifie le refus de l’arbitre. Un scénario cruel qui marque la fin de carrière internationale de Luka Modrić, légende de sa sélection, qui disputait donc son dernier match hier soir.
Place désormais au choc face à l’Espagne pour le Portugal. Ce derby ibérique s’annonce palpitant et écartera automatiquement un prétendant sérieux au sacre final.
Sans idée, l’Algérie est éliminée
Malgré une possession en sa faveur, l’Algérie d’Amine Gouiri, remplaçant au coup d’envoi, n’aura pas su forcer le verrou suisse. La Nati prend l’avantage dès la 10e minute grâce à un but de Breel Embolo, suite à un festival de la révélation Manzambi, qui se joue d’Aïssa Mandi et sert parfaitement l’attaquant du Stade Rennais. Malgré une possession de près de 70 % à la 18e minute, les Fennecs ne trouvent pas la solution face à des Suisses bien organisés. Les hommes de Murat Yakin prennent confiance au fil des minutes.
Au retour des vestiaires, les Suisses inscrivent rapidement un second but par Ndoye, suite à un dégagement malheureux de Benghali directement sur l’ailier de Nottingham Forest.
Une rencontre au scénario cruel pour l’Algérie, qui aura payé son manque d’efficacité dans les deux surfaces. C’est ainsi la fin du Mondial pour les Fennecs et Amine Gouiri, qui pourront avoir des regrets quant à leur élimination en 16e de finale face à la Suisse.
Avec ce 8e de finale entre l’Espagne et le Portugal, c’est une véritable finale avant l’heure qui se profile à Arlington. D’un côté, une Roja injouable qui impressionne par sa maîtrise collective et son efficacité retrouvée ; de l’autre, un Portugal plus irrégulier mais porté par l’expérience de Cristiano Ronaldo et l’impact des remplaçants comme Gonçalo Ramos. Entre le collectif espagnol et l’alchimie portugaise, difficile de départager les deux nations ibériques avant le coup d’envoi…
Paul Laffisse