Alors qu’il a l’habitude de communiquer de manière maîtrisée et d’afficher une attitude calme, Didier Deschamps fait parler de lui suite au 16es de finale remporté par l’Équipe de France. Le sélectionneur a créé la polémique en adressant une courbette d’allégeance à son capitaine Kylian Mbappé, double buteur contre la Suède, lors de sa sortie.
Le renouveau de DD
C’est un secret de Polichinelle : Didier Deschamps quittera son poste de sélectionneur de l’Équipe de France après le Mondial. Depuis cette annonce, il semble avoir changé son approche du football. Décrit jusqu’à présent comme un entraîneur prônant la solidité défensive, Didier Deschamps n’a pas hésité à revoir ses plans pour ce Mondial 2026, sa dernière danse à la tête de l’Équipe de France. Preuve en est : il fait de plus en plus confiance à la jeunesse et aligne des compositions plus offensives qu’à l’accoutumée.
Le match contre la Suède a confirmé ce nouveau visage offert par Didier Deschamps. Il a décidé d’aligner quatre joueurs à vocation offensive — Mbappé, Olise, Dembélé et Barcola —, un choix plutôt étonnant de la part du sélectionneur des Bleus. À titre de comparaison, en 2018, il alignait Matuidi au poste de milieu gauche pour renforcer sa maîtrise de l’entrejeu, preuve qu’il a toujours su s’adapter aux générations de footballeurs qu’il a côtoyées. Pour cette Coupe du Monde, il fait confiance à un quatuor offensif qui n’hésite pas à fournir les efforts défensifs, à l’image d’Ousmane Dembélé, Olise, Barcola ou encore Mbappé, qui semble se mettre davantage au service du collectif.
Si l’attitude de Didier Deschamps ne fait pas l’unanimité, elle reflète une relation forte avec son capitaine, qu’il avait lancé lors du Mondial 2018 en Russie. L’attaquant du Real Madrid le lui rend bien : preuve en est l’accolade adressée par Mbappé à Didier Deschamps après son ouverture du score à la 45e minute. Une explosion de joie a alors saisi l’ensemble des Bleus, qui se sont tous dirigés vers leur sélectionneur, lequel traverse une période difficile depuis le décès de sa mère la semaine dernière.
Le message est clair : Didier Deschamps et les Bleus sont en mission et ambitionnent de rapporter la 3e étoile le 19 juillet prochain, une date qui aurait tout son sens pour le sélectionneur, endeuillé à trois reprises dans sa vie son frère en 1987, son père en 2022 et sa mère en 2026.
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Un Deschamps agacé
Au fil de l’avancée de ce Mondial, le sélectionneur des Bleus semble de plus en plus agacé par les médias, et n’a pas hésité à en faire part lors de la conférence d’après-match suite à la qualification en 8es : « Il y a toujours des choses à améliorer, expliquait-il. Allez-y, trouvez des problèmes, c’est bien, il ne faut pas que tout soit tout beau, tout rose. On n’est qu’en huitièmes, il faut apprécier, redescendre pendant 48 heures, rebasculer et remettre ça. »
Didier Deschamps n’hésite pas non plus à monter au créneau pour défendre ses joueurs, comme il l’a fait après le premier match des Bleus face au Sénégal. Interrogé sur la performance d’Ousmane Dembélé, le sélectionneur a été clair sur sa position : « Vous êtes sur son dos, il y a un os à ronger… » Une sortie médiatique qui témoigne de la mentalité d’un sélectionneur prêt à défendre ses joueurs coûte que coûte, sans jamais craindre de monter au créneau dès lors qu’il juge qu’il y a de l’injustice.
Reste à savoir si cette version inédite de Didier Deschamps : plus offensive dans ses choix, plus à vif face aux médias, mais toujours aussi fusionnelle avec son capitaine tiendra jusqu’au bout du chemin. À mesure que les Bleus avanceront dans la compétition, l’exigence grandira, et avec elle la pression sur un sélectionneur qui joue gros sur tous les plans : sportif, avec l’idée de rejoindre le clan très fermé des champions du monde à deux reprises, et personnel, avec une fin de cycle marquée par le deuil autant que par la gloire. Une chose est sûre : le Didier Deschamps de 2026 ne ressemble plus tout à fait à celui de 2018. Reste à savoir quel visage il montrera si la marche du 19 juillet se rapproche.
Paul Laffisse