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[Olympiens] : Au bord du gouffre

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Aïoooli monde olympien furieux et dépité
 
Je vous l’avoue, je vous ai abandonnés cette semaine pour des raisons professionnelles, immergé dans une bulle de chiffres, de bilan, de projections mais aussi d’émotions, et au vu de la dernière prestation de l’OM, c’était mieux ainsi.
Je me suis surpris à me désintéresser totalement du match et à privilégier pour la première fois de ma vie une sortie avec les collègues de la boîte plutôt que regarder un match de notre équipe, ce n’était jamais arrivé… je crois que je pressentais malheureusement la catastrophe.
Car nous pouvons clairement parler de catastrophe et nous aligner sur les plus pessimistes d’entre nous, ainsi que sur les médias parisiens qui se repaissent habituellement de tout ce qui va mal à Marseille et l’amplifient.
 
Comment expliquer que nous en soyons là ? C’est la question qui nous obsède tous.
 
On ne manquera pas d’abord de souligner une nouvelle fois qu’au sortir d’une belle saison 2017-2018, l’équipe n’a pas été renforcée aux endroits que nous avions tous identifiés. Le péché originel se situe bien là. Les joueurs qui sont arrivés n’ont amené aucune plus-value à ce jour. Si on peut encore se montrer indulgents, pas trop quand même, avec Caleta-Car et Radonjic, et je dirai malgré leur prix, en revanche, le choix de Strootman, si on doit faire un bilan, n’apparaît pas comme le plus opportun. D’abord parce qu’on sent bien qu’il n’est pas un fantastique complément de la pièce-maitresse Gustavo, ce qui laisse interrogateur sur l’analyse technique qui a conduit à son choix, même s’il s’agit encore d’un bon joueur. Mais l’autre aspect à prendre en considération est celle d’un vestiaire froissé par les émoluments qu’on lui aurait accordés au détriment des revalorisations que d’autres attendaient. On pointe bien facilement Thauvin et Payet dans ce vestiaire de trompettes, désolé, je trouve que l’expression leur va très bien en ce moment, mais il y en a peut-être d’autres, et nous voudrions savoir lesquels.
 
Il faudra faire les comptes de ce qui pourrait avoir été perdu en fin d’année … 
 
Nous pouvons nous étonner que ce problème n’ait pas été anticipé, d’autant plus que pour la non-venue de Balotelli, c’est bien l’argument du fameux équilibre du vestiaire qui a été avancé par les dirigeants en plus des conditions financières jugées considérables, sur ce dernier point, il faudra faire les comptes de ce qui pourrait avoir été perdu en fin de saison si le club ne parvient pas à se remettre dans les clous du podium.
Rajoutons que dès la préparation de la saison, il nous a semblé que flottait un vent de légèreté avec beaucoup trop de matchs perdus de manière inconsistante (ce n’est pas un indicateur fiable, mais relativement à ne pas dédaigner), que les recrutements ont encore été beaucoup trop tardifs, et que le retour des mondialistes n’a pas été efficacement projeté.
Garcia, qui a préféré servir de très bonnes prestations de consultant à la télé plutôt que de pleinement se concentrer sur le boulot qui est le sien de construire la future équipe et d’apporter tous les soins à la planification de sa reprise, en oubliant aucun détail, a-t-il donné les premiers signes de négligence ? Et n’était-ce pas le rôle de JHE d’exiger la pleine concentration de son entraîneur, qui n’est pas un salarié comme les autres, d’autant plus qu’il a demandé et obtenu les clés du domaine technique ?

 
S’agit-il d’une rupture irrémédiable ou d’une simple déchirure ? 

 
La revalorisation de Garcia, en plus de l’arrivée de Strootman, n’est-elle pas venu troubler elle aussi les égos de ceux qui pensaient avoir si bien assuré auparavant qu’ils méritaient de substantiels émargements supplémentaires ? Sans doute, au vu de ce qu’il se passe.
La véritable question en ce moment est de savoir où en sont les joueurs avec leur entraîneur. S’agit-il d’une rupture irrémédiable ou d’une simple déchirure ? Sans adhésion à l’homme et au technicien, il ne peut y avoir de pleine concentration et de supplément d’âme. Ces hommes nous ont démontré leur capacité, il semble que quelque chose bloque, et j’ose penser que cela ressort bien plus de leur inconscient que de leur pure volonté de foirer les choses.
À Garcia et Eyraud d’opérer maintenant le bon diagnostic. Aux joueurs de prendre position et de délivrer leurs états d’âmes et de les assumer en hommes. À McCourt, auquel on ne peut pas reprocher d’avoir mis un fric tout de même conséquent sur la table, que d’autres auraient peut-être mieux utilisé, de secouer tout ce petit monde, président et entraîneur confondus, pour exiger qu’on trouve le plus rapidement une solution au problème.
Faut-il encore que Garcia soit toujours l’homme de la situation. Si les situations travaillées ne sont pas reproduites en match, c’est son problème. Si aucun jeu n’a été développé pour que les avant-centres soient servis dans les meilleures conditions liées à leur véritable profil, il est responsable. S’ils ne sont plus en confiance, quand ils n’ont pas complètement lâché (Mitroglou), c’est son problème. Si on prend des buts cons de manière quasiment systématique… c’est son problème. Si des rôles précis n’ont pas été trouvés pour Sanson et Lopez, c’est son problème. Et je rajouterai que s’il y a des mesquineries salariales au milieu, c’est aussi son problème, et pas seulement celui du président, parce que c’est lui qui a choisi les joueurs. Il est donc temps pour lui aussi qu’il assume très clairement ses responsabilités et qu’en son âme et conscience, s’il pense qu’il n’est plus en situation de redessiner un destin à cette équipe, qu’il parte proprement.

 

S’il y a bien un homme qui déçoit au regard de ce qu’il promettait c’est bien lui.

 
Quant à Eyraud, aucune indulgence ne peut lui être accordée au regard de sa manière de traiter les supporters, que je trouve depuis le début totalement catastrophique. S’il y a bien un homme qui déçoit en face de ce qu’il promettait c’est bien lui. Au risque de le froisser, lui si hautain et convaincu de ses plus hautes compétences, il a fortement intérêt à se remettre dans l’axe s’il ne veut pas courir le risque de voir les choses lui échapper plus encore. On en est pas loin.
Il est tout de même fou de penser que c’est presque un bienfait que les évènements aient conduit à l’annulation de deux matchs de Ligue 1 d’affilée… et que cela ne nous fasse pas grand chose, alors que nous sommes au bord du gouffre… surtout, que les responsables cessent vite de penser que tout va bien et que nous ne sommes pas loin du podium…

Vive le grand Roger Magnusson !

 

Thierry B. Audibert