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[Olympiens] : L’avantage du match à domicile, mythe ou réalité ?

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Si vous évoquez l’avantage d’une équipe qui évolue à domicile, il y a de fortes chances que vous subissiez un jour comme réplique  » Oui enfin bon on n’a jamais vu une tribune de supporters mettre un but ».

 

Pour certains les supporters qui sifflent quand l’équipe adverse obtient un pénalty ou chantent pour la leur 90 minutes ne sont qu’anecdotiques voire inutiles dans l’influence du résultat final d’un match, ce n’est pas exact et il y’a bien d’autres avantages offerts par le fait de recevoir un adversaire, essayons de les énumérer.

 

Quelques statistiques

 

Le 17 Mai 2019 « l’édition du soir » publie qu’après 37 journées de championnat et à l’exception de Lille, qui a gagné 1 point de plus à l’extérieur qu’à Pierre Mauroy, toutes les équipes de Ligue 1 se révèlent plus prolifiques dans leurs antres qu’en dehors de leurs bases. La palme revenant a Guimgamp qui a pris 72% de ses points à domicile.

 

Et poursuit en nous conseillant d’inspecter chaque championnat, la stat se vérifiant partout. En effet on estime à l’échelle mondiale que dans chaque championnat, l’équipe qui reçoit remporte 60% de points en plus à la maison et marque 38% de buts supplémentaires que les visiteurs.

 

On observe également que lorsqu’une équipe change de stade, il lui faudrait de 6 à 12 mois pour recouvrer les précieux profits d’évoluer à domicile.

 

Ce constat établi on distinguera 3 axes majeurs d’explications :

 

Le public, l’opium du footballeur

 

Évidemment en premier lieu, le soutien du public est un élément majeur, il pousse les joueurs à atteindre leurs limites, à tout donner en réponse à cet encouragement et ils ressentent moins les effets de la fatigue. On a tous en mémoire ce match retour au scénario fou contre Leipzig au Vélodrome où l’OM s’impose 5-2 dans un stade volcanique où aucun joueur Olympien n’avait la possibilité de ne pas être à 100% pendant 90 minutes. Aurait-on eu un match aussi intense et au dénouement si parfait si le match retour était à l’extérieur ? On peut en douter d’autant plus quand on voit la double confrontation contre Salzburg au tour suivant avec le retour à l’extérieur.

 

 

Outre le fait de porter son équipe le public met aussi la pression à l’adversaire, chaque coup de pied arrêté devient un enfer, certaines jambes tremblent, des oreilles sifflent et certains joueurs craignent même parfois pour leur intégrité physique.

 

 

Le dernier point qu’on attribue au soutien du public est la pression sur l’homme en noir. Vous n’êtes pas sans savoir que dans un stade, chaque décision de l’arbitre à l’encontre de l’équipe visiteuse est saluée et toute décision contraire à l’équipe à domicile est conspuée, rejetant toute objectivité face à la situation présente devant nous. Cela aussi a un impact.

 

Selon le département de psychologie de l’université d’Harvard dans une étude publiée en 2007 sur l’analyse de l’arbitrage des matchs à domicile de Premiere League, l’arbitre serait parfois inconsciemment influencé par les supporters même avec la plus grande honnêteté du monde, désarmé face à la pression qui gronde en tribune. Ce fait est cependant à nuancer selon les arbitres, certains ayant plus de difficulté à supporter cette pression que d’autres.

 

Particulièrement relevée lors d’une situation dans la surface l’étude juge tout de même qu’on mesure à + 0.1 le nombre de buts par tranche de 10 000 spectateurs, on constate également que les stades munis d’une piste d’athlétisme éloignant les supporters du rectangle vert auraient moins d’impact sur l’arbitre.

 

Les supporters ne marquent donc pas de but depuis les tribunes mais soufflent d’une certaine manière le chaud et le froid sur le déroulement d’une rencontre.

 

« C’est seulement à l’instant de les quitter que l’on mesure son attachement à un lieu, une maison, ou à sa famille »

 

Comme nous le rappelle ci- dessus Eric Cantona le fait d’être chez soi constitue en lui-même un avantage primordial, les footballeurs avant même d’être des stars adulées de tous demeurent des hommes comme vous et moi.

 

Quand l’équipe adverse doit subir un (plus ou moins long) voyage, dormir dans un hôtel loin de chez eux et en assumer les contraintes et la fatigue, les joueurs de l’équipe à domicile ont le luxe de dormir dans leurs propres lits aux côtés de leurs familles.

 

Chaque joueur à ses petites habitudes et ses repères, un tunnel aux couleurs de son club, son emplacement dans le vestiaire, un dernier bisou à ses enfants ou la chaussette gauche toujours avant la droite comme le disait un célèbre Marseillais dans un spot publicitaire. Ces éléments conditionnent aussi psychologiquement les joueurs et les rassurent.

 

Enfin viennent les conditions de jeu, par exemple devoir affronter un club Russe chez eux voue à de drastiques changements météorologiques dont les locaux tirent bénéfice par habitude mais il faut aussi faire face à la préparation du terrain, pelouse courte ou longue, arrosée ou sèche, dimension de terrain différente, tant d’aspects soumis à la décision du club local pour son propre football ou gêner celui de l’adversaire.

 

Un carburant invisible

 

Jusqu’à maintenant les points évoqués mentionnaient soit des facteurs externes (public, arbitre, pelouse, météo…) soit des facteurs psychologiques, l’apport ou le retrait de l’avantage est donc assez difficile à quantifier et varie beaucoup d’un match à l’autre.

 

L’élément à venir varie également, d’une personne à l’autre, d’un contexte à l’autre mais affecte directement les performances des acteurs sur le terrain puisque des études démontrent qu’à domicile on assiste à une augmentation significative du taux de testostérone chez ceux qui jouent à la maison par rapport à leurs opposants.

 

Motivés par le sentiment de défense de son territoire ancré depuis des siècles chez l’humain où il se devait de défendre son bien, son identité ou ses croyances face à une grande menace.

 

Ce facteur s’accentuant face à un rival et encore plus dans un derby ou la notion de territoire est plus forte que jamais, elle atteint son paroxysme chez le gardien dernier rempart de son but.

 

Une augmentation du taux de testostérone garantit une hausse des performances, ses effets se perçoivent par l’amélioration de la tonicité et de la masse musculaire, l’augmentation de l’endurance à l’effort, une agressivité et des réflexes accrus ainsi qu’une meilleure récupération, ceci explique pourquoi certains athlètes ont recours au dopage à la testostérone tant les bienfaits en sont importants.

 

Où il y a un avantage, il y a nécessairement un inconvénient

 

Évidemment il est difficile d’être précis et de dire à quel point chaque équipe à domicile profite pleinement de chacun de ces avantages indéniables et il existe aussi des inconvénients, si le public est insatisfait il peut se retourner contre sa propre équipe.

 

Les joueurs évoluant à domicile peuvent ressentir un excès de confiance étant donnés favoris, à l’inverse, à l’extérieur la concentration sera peut-être plus importante dans un contexte défavorable et hors de cette zone de confort surtout en position d’outsider.

 

L’arbitre peut vouloir accentuer ses décisions à l’encontre d’une équipe à domicile se focalisant sur le fait de ne pas céder à la pression des tribunes.

 

Chaque match réserve donc son lot d’aléas et dans le football il n’y a jamais aucune réalité absolue mais seulement certaines tendances, voila aussi pourquoi on aime tant ce sport.

 

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