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Affaire Payet : OMBashing, infidélité, prix, âge… Quand tout se mélange et que plus rien n’a de sens.

Par Publié le - Mis à jour le
Dimitri Payet - France vs Romania - Stade de France


 

« Traître » pour les uns, « surcoté » pour les autres, Dimitri Payet est en quelques jours passé du statut de chouchou de West Ham et de l’Équipe de France à celui d’ignominie pour les plus soft ou de « money grabbing c**t » pour les autres. Si vous rajoutez l’OM au milieu de tout ça, vous obtenez forcément un cocktail détonant à même de faire disjoncter le plus zen des moines bouddhistes. Tentons d’y voir plus clair.

 

 

Son attitude vis-à-vis de West Ham

 

Commençons par le commencement puisque les premiers impactés sont les supporters des Hammers. West Ham est un grand club, historique outre manche avec une tradition hooligan de référence dans le milieu. De tout ça, Dimitri Payet, à l’instar de 90% des joueurs de haut niveau, n’en a cure.

 

La loyauté et la révérence devant l’histoire du football ne sont plus que des valeur inhérentes au supporter dans le football moderne. Celui qui l’a peut être le mieux mis en mot est le journaliste et sociologue italien Pippo Russo. Voilà ce qu’il disait cet été concernant le dégoût des fans du Napoli envers G.Higuain sur le point de signer chez l’honni Juventus.

 

 


« Nous continuons à crier à la trahison. Parce que nous voulons nous donner l’illusion qu’il y a encore quelque chose à trahir, alors que la logique froide du capitalisme appliquée au football a monétisé les volte-faces, les saynètes de dirigeants trahis constituant une autre chair à canon médiatique. Du business au carré. Nous croyons que nos héros du ballon incarnent l’avant garde d’une foi collective, alors qu’ils sont plutôt des entreprises individuelles recrutées afin de faire tourner le show-business »

Pippo Russo


 

 

Slaven Bilic désormais entraîneur de West Ham a eu beau jeu de nous jouer la saynète du dirigeant trahi alors qu’il avait lui-même usé des mêmes méthodes il y a presque 20 ans pour gratter un transfert vers Everton. Il se justifiait alors de la sorte : « Je me devais de le faire. Tous les joueurs savent que s’ils ont une chance d’aller dans un plus grand club, ils doivent la saisir. » Son entraîneur à l’époque était Harry Redknapp, aussi surnommé Dirty Harry, bien connu pour ses arrangements pas toujours très propres et qui était alors outré par le comportement du croate.

 

Le chien qui se mord la queue.

 

Au final, l’outrance des supporters de l’Est de Londres est tout à fait justifiée, celle de ses dirigeants un peu moindre. D’ailleurs elle s’est déjà bien calmée pour laisser place aux négociations.

 

Payet_WH

 

Son niveau et son prix

 

 

De ce coté-ci de la Manche, on ne se soucie guère des peines de cœurs de la communauté Hammer. La grande question est de savoir si le joueur vaut le prix annoncé ? A t-il un niveau justifiant un tel investissement ?

 

Des polémiques surprenantes pour un joueur couvert d’éloges six mois plus tôt à l’Euro par tout un pays. Il termina même dans l’équipe type du tournoi désigné par l’UEFA. Certes son rendement dans le dernier virage, lorsqu’il fallu plus défendre, fut décevant mais il porta l’équipe de France sur ses épaules durant tout le tournoi avant cela.

 

Une manière de remettre le doigt sur sa prétendue faiblesse dans les grands matches. Plutôt que d’analyser les caractéristiques techniques du joueur qui l’adjoignent peu aux tâches défensives énormes dans un match comme la demi finale face à l’Allemagne, on se contente d’un raccourci. Pourquoi pas. On peut noter que dans le schéma de Marcelo Bielsa à l’OM, il était sans doute le joueur le plus libre d’obligations défensives. Il avait alors brillé lors des chocs à domicile face à l’AS Monaco, au PSG ou Bordeaux.

 

Arsenal se souvient encore de ses débuts en Angleterre tout comme Liverpool ou Manchester United de son passage l’an dernier sur leurs terrains. Des petites équipes, de petits matches comme ce France/Roumanie qu’il débloque d’un but extraordinaire dans les derniers instants du match en ouverture d’un tournoi à domicile avec une pression incroyable sur les bleus.

 

Le réunionnais n’est plus le même depuis sa rencontre avec un taré argentin. Il est plus régulier et exprime la plénitude de son talent. Les joueurs de ce calibre-là coutent ce prix. S’il était encore au dessus, sa valeur passerait la barre des 50M€ (montant évoqué cet été pour lui), s’il était plus jeune également.

 

OM Bashing

 

Il n’en fallait pas plus aux supporters marseillais pour constater une sévérité dans les jugements à l’égard du joueur symptomatiques selon certains d’une jalousie du club phocéen.

 

Un sentiment récurrent qui prend racine dans les méandres de l’affaire OMVA et son traitement hasardeux à l’époque par la Ligue Nationale de Football. Pourtant, il existe une autre manière de voir les choses.

 

Afficher la tronche de Payet avec OM quelque part sur la Une est une assurance vente pour n’importe quel canard papier ou online. Nous sommes bien placé à FCM pour le savoir vus les chiffres inhérents à la moindre brève sur le meneur de jeu. Étant entendu que la polémique fait plus vendre que  la bonne nouvelle, beaucoup de chroniqueurs se sentent plus l’envie de donner un avis négatif que positif.

 

Le réunionnais reste critiquable mais contester l’impact symbolique d’une telle signature…

 

Attention, le réunionnais reste critiquable mais contester l’impact symbolique d’une telle signature s’entend surtout dans cette logique. Le potentiel médiatique de notre club est tel que les avis sur les sujets l’entourant dans la presse sont bien plus clivant.

 

Il ne s’agit pas de jalousie mais d’une simple exploitation de potentiel médiatique. Si l’arrivée dans le Nord de Gérard Lopez fait moins parler sur son profil sulfureux qu’elle le faisait lors de son approche de l’OM, les mêmes raisons sont à blâmer.

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