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CdF : Bosetti, Phliponeau, Escales, style de jeu… Un spécialiste décrypte Annecy, le prochain adversaire de l’OM !

Publié le - Mis à jour le
Journaliste professionnel suiveur de l'OM (olympique de Marseille). Couvre l'actualité de l'OM et du mercato OM pour le média marseillais Football Club de Marseille. Réalisateur de l'émission Débat Foot Marseille ("la Voix"). Formé à l'école de journalisme de Marseille.
23 Alexy BOSETTI (fca) during the Ligue 1 Uber Eats match between Saint-Etienne and Annecy at Stade Geoffroy-Guichard on February 4, 2023 in Saint-Etienne, France. (Photo by Christophe Saidi/FEP/Icon Sport)

Ce mercredi 1er mars, l’Olympique de Marseille va recevoir Annecy pour les quarts de finale de Coupe de France. Football Club de Marseille a eu le plaisir d’interviewer Julien Babaud, journaliste sportif pour Le Dauphiné Libéré 

 

 

Quelle est la dynamique actuelle d’Annecy? C’est compliqué ou ils sont plus dans l’euphorie de la Coupe de France?

J.B : La Coupe de France, c’est déjà pas spécialement une priorité de la saison. Après, dans le discours il n’ont pas non plus dit que qu’ils la prendraient pas dessus la jambe. L’objectif, c’est clairement le maintien. Comme ils sont promu et un des plus petits budgets de Ligue 2… Ça faisait 29 ans que le club avait pas joué en Ligue 2, donc vraiment la grosse priorité, c’est le maintien et la Coupe, on verra bien où ça nous emmène. Par exemple, en huitième de finale contre le PFC, c’était entre deux journées de championnat, ils avaient plusieurs suspendus mais le coach a fait un turn-over très important. Leur attaquant Sahi Dion qui a 9 buts, sur ce match-là, il n’est même pas entré en jeu. Ils ont bien joué le coup à chaque fois, avec les forces du moment, mais toujours en faisant un peu tourner quand même. Et finalement ça les a emmené là.

La dynamique, mine de rien, elle correspond avec leur entrée en lice en Coupe de France. Depuis que ça a a commencé, ils n’ont perdu qu’une fois à Saint-Etienne. En championnat, ils tournent un peu avec un parcours type : petit nul à l’extérieur, une victoire à domicile et ils sont un peu sur ce rythme là depuis début novembre. Donc ils sont vraiment sur une bonne dynamique en Ligue 2 et d’ailleurs si ont prend que les résultats depuis le début de l’année 2023, ils sont quatrièmes. Ils sont dixièmes là à 9 points du maintien et 9 points de la troisième place. Ils n’ont pas vraiment l’ambition de monter en Ligue 1, clairement pas.

 

 

De qui faut-il se méfier dans cette équipe?

 

J.B : Leur attaquant, Moise Sahi Dion qui est prêté par Strasbourg, qui est un poil moins bien ces dernières semaines, ça fait 3/4 matchs qu’il n’a pas marqué et encore, il n’y en a un ou deux qu’il a commencé sur le banc. Il en est à neuf buts, dont un seul pénalty. Donc je crois qu’en Ligue 2, si on enlève les penalties, il est quasiment le meilleur buteur. C’est un peu leur arme offensive. Après un joueur comme comme Steve Shamal, qui n’a pas énormément de stats mais qui a marqué le dernier match, qui est un ailier, qui tourne beaucoup, qui provoque beaucoup et qui dans un bon jour peut faire des différences. Un des points forts de l’équipe, c’est le milieu de terrain qui est le secteur de jeu le plus expérimenté, avec notamment Vincent Pajot qui est un des seuls joueurs à à être connu du grand public, qui a de l’expérience Ligue 1. Ils ont un milieu de terrain, Pajot, Kashi, Demoncy, qui fonctionne pas mal. Honnêtement dans cette équipe, l’individualité qui sort un petit c’est l’attaquant Sahi. C’est vraiment une équipe. C’est un peu cliché de dire ça mais c’est vraiment plus un collectif que des individualités.

 

 

Le gardien, ça vous intéressera, c’est Florian Escales. L’ancien de l’OM. Il fait une très belle saison. Après ils ne jouent pas la Coupe de France. Ça tourne, c’est le numéro deux qui a la Coupe de France. Mais en tout cas, sur la saison, il réalise vraiment de belles performances. C’était un petit peu compliqué les deux trois premiers matchs, il avait concédé un pénalty. Il a fait une erreur au pied mais depuis, c’est vraiment vraiment solide.

 

Et Annecy, comment ça joue?

 

J.B : Au niveau du jeu, ils ont commencé la saison en 3-5-2 et là ils sont passé sur un 4-3-3. Mais sur la philosophie, au delà du système, je ne vais pas exagérer mais ça ressemble un peu à l’OM… Je ne compare pas Annecy et Marseille du tout, mais c’est vrai que c’est une équipe très généreuse, qui joue très haut, qui presse beaucoup ses adversaires. C’est un peu la force collective. Au niveau des stats, c’est l’équipe qui court le plus en Ligue deux. Et honnêtement, ça se voit sur le terrain. Ils jouent très haut, c’est un jeu à risque d’ailleurs parce qu’ils laissent beaucoup d’espace dans leur dos. À chaque fois, le coach dit justement que ce n’est pas un jeu de possession, c’est vraiment beaucoup de générosité et c’est comme ça qu’ils sont monté en Ligue 2. Je suis curieux de voir ce que ça peut donner contre une équipe du niveau supérieur qui est encore plus juste techniquement que ce qu’il y a en National et en Ligue 2 et contre une équipe qui également presse beaucoup. Après est-ce qu’ils vont se renier exceptionnellement pour ce match? A mon avis, non, je ne pense pas. Je pense qu’ils vont jouer leur jeu comme d’hab. Mais ce n’est qu’un ressenti. Ils repasseront peut-être à un système avec trois défenseurs plutôt que le 4-3-3.

 

La petite déception, c’est quand même de ne pas pouvoir faire une grande fête, remplir le stade à Annecy.

 

Comment le club a perçu ce tirage?

 

J.B : Annecy, c’est un club qui a, il y a neuf ans en dix ans, était en régionale 2 quand même. Donc donc aller au Vélodrome, c’est quand même bien. Déjà être classé en Ligue 2, c’est super. Quasiment tout leur parcour en Coupe de France, ils l’ont fait à l’extérieur sauf le tout premier tour parce qu’ils ont reçu une équipe de Mayotte et donc ils ont reçu. Marseille à la maison, pour les supporters, ça aurait été beau pour les supporters… Déjà pour se donner plus de chances de passer, remplir le stade, ça aurait créé, je pense, une effervescence dans le département de la Haute-Savoie. Là se déplacer, ça limite quand même largement les chances de qualification. Mais malgré tout, le club se rend compte que de se dire d’aller jouer au Vélodrome alors qu’il y a encore moins de 10 ans c’était du Régional 2… C’est très symbolique du chemin parcouru. Donc je pense que tout le monde est quand même content. Même les dirigeants, personne n’a connu réellement ça. Le seul, ce serait le coach Laurent Guyot qui lui a longtemps joué à Nantes, qui a été dans le monde professionnel et donc qui connaît le Vélodrome. Mais la petite déception, c’est quand même de ne pas pouvoir faire une grande fête, remplir le stade à Annecy.

 

Je vois aussi qu’il y a Alexandre Phliponeau dans l’effectif?

 

 

J.B : Phliponeau, c’était le milieu était titulaire à tous les matchs et en fait, c’est Demoncy qui l’a remplacé parce qu’il s’est fait les croisés contre Quevilly début septembre. Franchement, c’était une belle satisfaction du début de saison et en plus il découvrait le niveau et malheureusement les croisés, ça lui a flingué son année. Donc là il revient où il est et il a pas encore repris l’entraînement collectif tout ça. Mais là il sort de trois semaines à Capbreton et puis mi mars, il va devoir reprendre l’entraînement. Malheureusement pour lui, il rate ce rendez vous. Mais on l’a vu que, à un mois, un mois et demi, même pas. Mais c’était une bonne satisfaction à un moment où en plus l’équipe tournait pas encore hyper bien en début de saison. Les deux Marseillais de l’effectif sont des satisfactions de la saison. L’année dernière, ils l’ont affronté avec Sète en National. Et c’est vrai que Phliponeau a été surprenant, il faisait partie des gros joueurs de National l’année dernière. Et d’ailleurs Annecy a pas mal recruté. Après, voilà, là je dis ça à l’échelle de la Ligue 2 mais maintenant on va les voir dans le volcan du Vélodrome, ça reste un match compliqué.

 

Ils vont avoir pas mal de pression mais peut être que ça risque d’en galvaniser un : Alexy Bosetti !

 

J.B : (Rire) Je savais que tu allais m’en parler ! Je n’en ai pas spécialement trop parlé avec lui. Il y a énormément de joueurs qui sont très, très contents de faire un match au Vélodrome. C’est une équipe où il y a peu de joueurs qui ont connu la Ligue 1, très peu qui ont connu la Ligue 2… Pour beaucoup, ne ce serait-ce que d’aller les gros stades de Ligue 2, ils sont déjà comme des fous. Ne serait-ce que d’aller à Metz, Saint-Etienne ou Bordeaux…Le Vélodrome, c’est encore pire. Mais lui, Bosetti, lui, je pense que recevoir une Ligue 2, il aurait préféré. Il veut aller le plus loin possible, c’est son rapport à la Coupe de France. Il disait que d’aller au Parc des Princes ou au Vélodrome ce n’est pas son truc, il veut aller le plus loin. Donc oui, ce sera chaud sur lui mais même en Ligue 2, il a l’habitude de se faire insulter un peu partout parce qu’il avait un contentieux avec Bordeaux, avec Metz. Là, ils vont à Sochaux. Je crois qu’il y a des histoires un peu. C’est lui qui prend. Lui, ça le fait un peu plus rigoler, il est dans son truc de chambrage et il accepte l’insulte on va dire. Il sait qui il provoque aussi, il sait ce qu’il récolte. C’est plus un jeu pour lui. En soit, je pense qu’il ne se dit pas : je vais aller au Vélodrome les chambrer. Son but c’est d’aller le plus loin possible avec Annecy et qu’il aurait préféré prendre une Ligue 2 pour aller en demi. Je crois pas qu’il soit content d’aller à Marseille, au-delà de sa rivalité. Par son personnage historique des ultras de Nice, il est connu des supporters marseillais mais je pense qu’il est content d’avoir contribué à faire remonter le club d’Annecy en Ligue 2, ce qui n’était pas arrivé depuis 30 ans. Là, c’est la première fois que le club va en quarts de finale de Coupe de France. Bosetti est quand même content de participer à ça. Il sait que ça restera, qu’on se dira tant d’années qu’il a fait partie de cette équipe. Il a ce côté de marquer l’histoire d’un club.

 

Il a attendu son heure sans faire de scandale ou mettre la pression en disant : Je m’appelle Alexy Bosetti, je joue !

 

J.B : C’est vrai qu’il a un peu cette image de provocation mais là, pour le fréquenter depuis presque un an et demi, c’est sa deuxième saison ici, c’est quelqu’un qui à côté de ça n’est pas un petit con. C’est pas un gars caractériel ou quoi. Par exemple, au début où il est arrivé à Annecy, il a fait beaucoup de banc, même en National. Et honnêtement, je me suis dit une fois, deux fois, trois fois sur le banc au bout d’un moment, il va un péter son câble… Mais non. Il a assez de recul sur ce qu’il fait, sur ses prestations et il savait qu’à ce moment là, ceux qui jouaient, méritaient parce qu’ils étaient plus performants que lui. Il a attendu son heure sans faire de scandale ou mettre la pression en disant : Je m’appelle Alexy Bosetti, je joue ! Je pense qu’il y a un peu un différentiel entre l’image qu’il dégage et ce qu’il est mais bon il l’entretient aussi ! Il aime bien tenir ce rôle-là.

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