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Cheyrou : « Vente ou pas de l’OM, il faut qu’il ait un projet cohérent ! »

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Bruno CHEYROU - 27.01.2013 - Nice / Bordeaux - 22eme journee de Ligue1 Photo : Patrice Aim / Icon Sport *** Local Caption ***

 

 

Avant le match d’ouverture de la 31e journée de L1, OM – Rennes (Vendredi à 20h30 sur beIN Sports), Bruno Cheyrou a évoqué ce match pour footballclubdemarseille.fr. L’ancien milieu de terrain devenu consultant détaille les qualités de Rennes mais aussi la situation de l’OM et enfin la fameuse mentalité française. Entretien:

 

 

 

FCM – L’OM (10e, 39 points) reçoit Rennes (5e, 45 points) ce vendredi, comment voyez-vous cette rencontre ?

 

Bruno Cheyrou: « ça peut être un match intéressant dans la mesure où Rennes joue quelque chose pour la fin de saison. Marseille, c’est toujours le serpent de mer depuis le début de la saison avec des difficultés à domicile, des difficultés à décoller, à se rapprocher des premières places. Ils sont dans le ventre mou du championnat. »

 

 

« La force de Rennes, c’est surtout Dembélé »

 

 

 

FCM – Rolland Courbis a-t-il réussi à relancer le Stade Rennais? Quelles sont les forces et les faiblesses de cette équipe bretonne ?

 

Bruno Cheyrou: « On a cru que quand Rolland Courbis est arrivé aux manettes ils allaient gagner plus de matches. Avec le discours mobilisateur de Courbis, avec le potentiel offensif, on pouvait imaginer que cela serait mieux.

Les faiblesses de Rennes sont l’inconstance, son manque de caractère pour franchir ce dernier palier pour aller chercher le podium. La force, c’est surtout Dembélé qui constitue la révélation incontestable de cette saison. C’est dommage que Ntep ne soit pas disponible, car leur association ajouté à Gourcuff, sur le papier ça promet. »

 

 

 

« Quand l’OM a réussi à avoir de bons résultats, il y avait des joueurs de caractère »

 

 

 

FCM – L’OM n’a plus gagné au Vélodrome en L1 depuis septembre dernier, comment expliquer cette incroyable série ?

 

Bruno Cheyrou: « A Marseille encore plus qu’ailleurs, tant que l’on n’y a pas joué on ne sait pas ce que c’est. La pression explique assez clairement les résultats plus difficiles qu’à l’extérieur. A domicile, il faut faire le jeu, il faut attaquer et marquer des buts, ce qui a de plus difficile à faire. A l’extérieur, la pression n’est pas la même. Cette pression inhérente à Marseille empêche l’équipe de s’exprimer. Quand l’OM a réussi à avoir de bons résultats, il y avait des joueurs de caractère avec une forte personnalité. La pression est moins forte qu’avant mais elle est quand même présente. Même si le stade est moins plein, quand il a 40000 personne c’est toujours plus qu’à Auxerre ou Montpellier. Mais c’est évident que la pression est moins forte qu’il y a 10 ou 20 ans, il y avait même plus d’agressivité, cela s’est pacifié. Ce n’est pas plus mal. »

 

 

 

« L’effectif a été assez mal constitué »

 

 

 

FCM – Le jeu offensif marseillais est stéréotypé et manque de collectif, à qui la faute ?

 

Bruno Cheyrou: « Le problème est général et remonte à l’été dernier. La saison de l’OM était mort-née. Quand il y a aussi peu de vision et de visibilité à moyen terme c’est compliqué de mettre en place quelque chose. C’est le lot de toutes les équipes de laisser partir des joueurs, mais à l’OM on a laissé partir tous les éléments offensifs qui étaient des joueurs confirmés, comme Ayew, Gignac et Payet. Ce n’est pas anodin ce sont des joueurs de qualité et caractère, capables de jouer avec la pression du vélodrome. On ne remplace pas facilement ce type de joueurs. En plus, l’effectif a été assez mal constitué. On ne peut pas commencer la saison, une année de Coupe Europe, avec un seul attaquant de pointe. C’est le poste où l’entraineur opère le plus de changement en cours de match pour apporter de la fraicheur, de la vitesse, et pour faire la différence. Si vous n’avez qu’un seul attaquant, il va forcément exploser en cours de route, et c’est pour cela d’ailleurs que Batshuayi a eu un gros passage à vide. »

 

 

Michel, Entraineur de l'Olympique de Marseille

Michel, Entraineur de l’Olympique de Marseille

 

 

 

FCM – Le coach de l’OM est critiqué, à juste titre, mais peut-il endosser seul la responsabilité de la situation actuelle du club phocéen ?

 

Bruno Cheyrou: « Je trouve que c’est un petit peu dur pour Michel. On peut le critiquer, mais vu comme la saison était partie c’était difficile de faire autre chose. Le président ou le coach ne vont pas dire que c’est leur faute, ils vont toujours tenir un discours de langue de bois. Si en début d’année on dit que l’OM va jouer le maintien, les supporters vont être énervés. »

 

 

 

« Il faut un projet à moyen terme »

 

 

 

FCM – Une vente du club est-elle la seule alternative à un renouveau ?

 

Bruno Cheyrou: « Pour moi dans n’importe quel club de foot, il faut un projet à moyen terme. Il y a des choses que l’on ne maitrise pas, un poteau, des blessés, il faut une politique et un projet, c’est indispensable. Il faut qu’il y ait un peu plus de franchise, même si les ambitions sont revues à la baisse. Vente ou pas, il faut qu’il ait un projet cohérent. »

 

 

 

« Le foot français doit de toute façon se remettre en cause »

 

 

 

FCM –  Que pensez-vous de ce débat sur la mentalité dans le foot français ?

 

Bruno Cheyrou : « C’est une question qui revient de temps en temps. Je pense que le foot français doit de toute façon se remettre en cause. Les faits sont là, ce sont les résultats en coupe d’Europe, ils ne sont pas bons. Il ne faut pas se cacher derrière un problème de moyens. Quand des clubs belges, suisses ou portugais vous battent, ils ont souvent autant voir moins de moyens que les clubs français. La mentalité des joueurs ou les entraînements cela fait partie de la remise en question. Par exemple la Gantoise a un vrai projet. On est capable même avec des moyens limités de faire des choses intéressantes. Les clubs français ne sont pas suffisamment forts en tant qu’institution. Le club doit être plus fort que les joueurs, les supporters, les joueurs. C’est le club le plus important, cela doit être plus important qu’un joueur qui ne veut pas s’entrainer…»

 

 

FCM – Ne faut-il pas des figures importantes pour garantir cette institution, comme au Bayern ?

 

Bruno Cheyrou : « Je ne demande qu’une chose que plus d’anciens joueurs prennent des responsabilités dans les clubs. Ce n’est pas parce que l’on a été un ancien joueur que l’on connait le football mieux que quiconque mais on a un petit truc en plus. C’est évident que ce qui se passe au Bayern est un exemple. Avoir des anciens est une garantie et une légitimité sportive. »

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