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Matthieu Franceschi : Boycott ?

Par Mis à jour le - Publié le
Matthieu Franceschi

 

CHRONIQUE – CARTE BLANCHE POUR MATT

 

Chaque mardi, Matthieu Franceschi, l’un des supporters olympiens les plus influents de ces dernières saisons, a carte blanche. Cette semaine, l’ex porte-parole des South Winners revient sur la descente aux enfers interminables qu’est en train de subir l’Olympique de Marseille et sur l’hypothèse d’un boycott total des supporters face à Bordeaux…

 

Les supporters de l’OM croyaient avoir touché le fond après l’humiliation face à Rennes au Stade Vélodrome le 18 mars dernier. Le club avait deux semaines de trêve internationale pour remettre de l’ordre, prendre des sanctions et remobiliser les troupes avant le déplacement périlleux à Bastia. Mais avec les joueurs, l’entraîneur, le « board » et l’actionnaire, il y a toujours pire, il y a toujours plus bas, « creuser encore plus profond » est la devise de cette OM version 2015/2016, bien loin du célèbre « droit au but » qui avait encore tout son sens la saison dernière.

 

Même les supporters les plus pessimistes comme moi en août dernier, après le fiasco de la gestion du cas Bielsa et le mercato incohérent mené par Vincent Labrune, n’osaient imaginer un tel scénario catastrophe. Sportivement, l’OM joue le maintien. En coulisse, le club écrit l’une des pages les plus sombres de son histoire à cause d’un « pseudo président » et d’un « pseudo entraîneur » qui ne pensent qu’à soigner leur image et sauver leur tête, ridiculisant chaque jour un peu plus l’institution OM.

 

Un scénario pitoyable

 

Les dernières heures rocambolesques que nous venons de vivre avec cette mystérieuse réunion à Zurich détériore encore plus l’image de l’Olympique de Marseille. Le silence du club alimente les rumeurs. Pendant ce temps la crise s’amplifie et le fossé ne cesse de se creuser avec les supporters. Mais tous ces gens ont-ils des solutions pour l’OM ?

 

Dans ma tête, avec la mise en scène du jet privé devant les yeux des journalistes après la défaite en terre Corse, comme des milliers de supporters phocéens, j’ai imaginé le scénario idéal : Michel remercié pour espérer un choc psychologique chez les joueurs et assurer le maintien ; le « board », composé de Vincent Labrune et Luc Laboz, écarté pour calmer les supporters qui en ont fait leur principale cible ; une actionnaire qui annonce une vente en juin et qui demande l’apaisement pour finir au mieux cette saison interminable. Mais ce scénario idéal et vital n’est resté qu’un rêve…

 

Le temps va être long jusqu’à dimanche soir

 

Ce mardi, le coach Michel a repris l’entraînement comme si rien n’était et les supporters sont toujours dans l’attente d’explications à travers un communiqué sur le site officiel du club. Le problème avec le « board » actuel, c’est que même les versions officielles ne sont pas fiables. L’OM est, depuis de longs mois, plongé dans une communication de crise où tous les moyens sont bons pour faire oublier la dure réalité sur l’état dramatique du club.

 

Si la situation reste en l’état, la réception de Bordeaux dimanche soir s’annonce explosive. Certains attendent les prises de position des groupes de supporters. D’autres, comme pour le mouvement contre José Anigo lors de la saison 2013/2014, agiront vraisemblablement individuellement. Avec les premières actions entamées dans les virages face à Rennes, une temporisation des groupes serait tout aussi incompréhensible que les manœuvres actuelles du « board » et de l’actionnaire.

 

Quel que soit le choix des associations, l’unité entre les groupes est, à mes yeux, indispensable. Ce n’était pas le cas face à Rennes. Est-ce que ça le sera face à Bordeaux ? A l’image de l’action des « Fanatics » qui sont allés cueillir les joueurs à l’aéroport de Marignane au retour de Bastia pour avoir une discussion constructive, les groupes de supporters aimeraient rencontrer tous ensembles les joueurs en cours de semaine. Ils en ont fait la demande auprès du club et sont dans l’attente d’une réponse favorable.

 

On peut imaginer que de cette réunion découlera une « union sacrée » avec les joueurs pour assurer le maintien. Le sportif doit passer avant tout, certes, mais si cette option est choisie les problèmes de fond avec l’entraîneur, le « board » et l’actionnaire (tous fantomatiques) seront toujours d’actualité.

 

L’idée d’un boycott total ?

 

J’ai réalisé sur Twitter un sondage qui a fait grincer des dents certains puristes du mouvement marseillais : 66% du millier de votants estimaient que la meilleure action à mener face à Bordeaux était un boycott total du Vélodrome, 19% qu’il fallait encourager l’OM pour assurer le maintien, 10% étaient pour une grève des encouragements et 5% pour un boycott uniquement des virages. Je n’ai volontairement pas proposé l’option « mettre l’émeute » car cela serait le dénouement rêvé pour les pouvoirs publics (et le club ?) qui rêvent de dissolution pour les associations de supporters.

 

Certains diront que venant de moi, qui boycotte le stade depuis novembre pour des raisons précises déjà évoquées, l’idée est faussée et qu’une grande partie des votants ne vont jamais au stade. Malgré cela, je pense que si le sondage n’avait été réalisé qu’auprès des abonnés, le résultat aurait été le même. Il n’y a qu’à voir l’affluence du Vélodrome depuis des semaines alors que l’équipe n’était pas encore complètement au fond du trou. Une grande partie des abonnés a déjà déserté le stade.

 

La solution miracle à travers une action des supporters n’existe pas, elle serait aussi non appliquée à chaque crise sportive. Pour certains, déserter le Stade Vélodrome, la seconde maison des supporters olympiens, est donc inconcevable même pour une action ponctuelle. Moi-même, j’ai toujours pensé cela. Même pour les matches à l’extérieur, j’ai toujours trouvé que l’hypothèse d’un boycott, lors d’un déplacement aux conditions d’accueil compliquées, n’était pas la meilleure solution. Refuser de se déplacer et d’abandonner son parcage est, selon moi, une victoire pour les pouvoirs publics. Mais ceux qui voulaient le boycott pour certains déplacements avaient aussi des raisons crédibles. Toujours un choix difficile à prendre.

 

Ensuite, appeler puis imposer un boycott complet du Vélodrome serait difficilement réalisable car nul ne peut empêcher un abonné qui a payé sa place, de se rendre au stade s’il le désire. Mais je trouve que la question mérite quand même d’être posée face à la situation actuelle car le club est vraiment dans une impasse et que le gros problème vient de tout en haut, du « board » et de l’actionnaire.

 

Une idée pas si folle ?

 

Je pense qu’une telle action serait très loin de faire le jeu des responsables olympiens. Un stade complètement vide, en plus d’être un affront suprême pour le club synonyme de malaise très profond, dérangerait le diffuseur TV (Canal+ dimanche à 21h ce n’est pas rien) mais aussi la LFP pour l’image déplorable de son championnat à travers les différents pays pour son match phare de la journée. Ceci poserait aussi un gros problème pour tous les annonceurs publicitaires et les sponsors de l’OM qui ne peuvent admettre de voir un match se dérouler dans un stade vide. Tous ces mécontents qui ont investi d’énormes sommes d’argent seraient dans l’obligation de demander des comptes au président et à l’actionnaire du club, les premiers responsables du fiasco, qui devront trouver une solution d’urgence avec les supporters. Les groupes seraient alors en position de force pour faire entendre leurs revendications et voir des mesures prises au plus vite.

 

Il est vrai, que c’est toute une économie autour du match et du stade qui serait touchée : les bars; les restaurants, les hôtels… Mais ces commerçants de proximité ne souffrent-ils pas déjà de voir le Vélodrome se vider match après match ?  Ne vaut-il pas mieux se sacrifier sur une ou deux rencontres en espérant voir des décisions efficaces prises pour l’avenir du club afin de retrouver des affluences importantes tout au long d’une saison ?

 

Un boycott du Vélodrome serait aussi un manque à gagner pour le club qui souffre déjà financièrement : la billetterie au match, les buvettes, la boutique officielle… Le club serait dans l’obligation de prendre des mesures pour ne pas voir cette action perdurer. Frapper là où ça fait mal, le nerf de la guerre pour un club qui préfère le business au sportif.

 

Enfin, un dernier point qui est peut-être le plus important à ce jour, avec un boycott aucun débordement ne serait à signaler dans le Vélodrome, aucun incident ne serait à mettre sur le dos des associations. Face à Rennes, la communication de l’OM était clairement de dramatiser la situation pour justifier de futures décisions répressives avec la complicité des pouvoirs publics. Une dissolution des groupes de supporters est le rêve secret de certaines personnes au club, à la Préfecture et au Gouvernement. Même si les associations sensibilisent leurs adhérents aux respects des consignes pour éviter tout débordement, nul ne peut savoir à l’avance quelle va être la réaction du public si Bordeaux ouvre le score.

 

Face à Rennes, il y a eu le boycott de 15 minutes, des messages, des chants hostiles, des tensions et une humiliation sur la pelouse. A Bastia, la défaite était encore au rendez-vous. A l’arrivée, aucune décision n’a été prise par l’actionnaire du club et son « board » laissant s’envenimer la situation. Je voulais donc simplement soulever une hypothèse radicale qui serait, à mes yeux, certainement plus efficace car le club ne pourrait pas laisser la situation se renouveler pour le match suivant au Vélodrome.

 

Les associations de supporters n’appelleront certainement pas au boycott, un groupe s’étant déjà positionné clairement sur le sujet. Je n’appelle pas non plus au boycott, je n’en ai pas la prétention, et l’essentiel est avant tout, dans un souci d’unité, de suivre l’action des groupes de supporters, si action il y a.

 

Vivement que l’OM tourne cette triste page de l’histoire du club et que nous soyons de nouveau impatients de découvrir, à chaque match au Vélodrome, les tifos proposés par les virages et d’entendre résonner les chants à la gloire de l’Olympique…

 

Vivement que l’OM rende de nouveaux heureux tous ses supporters.

 

Matthieu Franceschi

@FranceschiMatt

 

 

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