Invité sur RMC, Alain Afflelou est revenu sur un épisode de l’histoire du football français : la bataille pour le recrutement de Zinedine Zidane en 1992. L’ancien président des Girondins de Bordeaux a confirmé l’intérêt très concret de l’OM de Bernard Tapie pour le futur numéro 10 des Bleus.
Alors âgé de seulement 18 ans, Zinedine Zidane n’était encore qu’un jeune talent de l’AS Cannes, mais son potentiel ne laissait déjà personne indifférent. À commencer par l’Olympique de Marseille, alors au sommet du football français, qui a sérieusement envisagé de recruter celui qui allait devenir une légende mondiale.
L’OM de Bernard Tapie à l’affût du futur crack
Sur les ondes de RMC, Alain Afflelou, président des Girondins de Bordeaux entre 1991 et 1996, a raconté comment il avait pris conscience de l’intérêt marseillais. « Je regardais Téléfoot à l’époque, et je vois un match, où il y a un garçon qui a 18 ans, et il crève l’écran. Sur une minute », a-t-il expliqué, évoquant la première impression laissée par Zinedine Zidane.
Peu après, au détour d’une discussion avec le président de l’AS Cannes, Afflelou comprend que le dossier est sensible. « À la fin, je lui dis que j’ai lu dans L’Équipe que Tapie voulait prendre Zidane », raconte-t-il, confirmant que Bernard Tapie suivait de très près le jeune milieu offensif.
À cette époque, l’OM dispose d’une puissance financière et sportive largement supérieure à ses concurrents nationaux. Une offre marseillaise aurait logiquement pu faire basculer le dossier.
Le rôle décisif de Rolland Courbis à Bordeaux
C’est finalement Rolland Courbis, alors entraîneur des Girondins, qui va permettre à Bordeaux de devancer l’Olympique de Marseille. Afflelou décrit une scène révélatrice : « Rolland dit “non, il fait chier, il fait courir le bruit”. Je dis au Président qu’il paraît que Tapie lui offre 8 millions. Il me dit que non, c’est une connerie ».
Le président bordelais avance alors une proposition bien inférieure aux montants évoqués autour de l’OM. « Je lui dis alors que je n’ai que trois millions. Et on a traité l’opération à 3 millions ou 3,5 millions… Voilà comment Zidane s’est retrouvé à Bordeaux », précise Afflelou.
La tension est palpable jusqu’au bout. « On a été le chercher avec l’avion, et on a eu peur qu’on nous le détourne en route », ajoute-t-il, preuve que la menace marseillaise était prise très au sérieux.
Cet épisode confirme que l’OM, sous l’ère Bernard Tapie, avait identifié très tôt le talent exceptionnel de Zinedine Zidane, sans toutefois parvenir à conclure un transfert qui aurait pu changer l’histoire du club comme celle du football français.