L’Olympique de Marseille s’apprête à refermer un mercato estival particulièrement frustrant. Selon L’Équipe, Grégory Lorenzi devrait boucler sa première fenêtre de transferts à l’OM sans la moindre recrue, conséquence directe des contraintes financières imposées au club. Entre masse salariale à réduire, ventes difficiles à conclure et désaccords internes sur certains dossiers, le directeur sportif marseillais a dû composer avec une marge de manœuvre quasiment inexistante.
Lorenzi réduit à l’impuissance
Arrivé de Brest avec la réputation d’un dirigeant capable de travailler avec des moyens limités, Grégory Lorenzi a découvert à Marseille une situation encore plus complexe que prévu.
Selon L’Équipe, le directeur sportif savait en arrivant que l’OM devait réduire drastiquement ses dépenses, mais il ne s’attendait pas à être aussi limité dans sa capacité à recruter.
Un agent résume ainsi la situation :
« Quand on lui parlait d’une potentielle recrue après une vente comme celle de Medina à Leverkusen, il répondait que c’était toujours impossible, irréalisable, car il en fallait bien plus pour permettre une arrivée. »
Les départs de Mason Greenwood, Hamed Junior Traoré ou Pierre-Emerick Aubameyang ont certes permis d’alléger la masse salariale, mais pas suffisamment pour répondre au plan présenté à la DNCG.
McCourt impose une cure d’austérité
Toujours selon L’Équipe, Frank McCourt a décidé de stopper la politique très dépensière des saisons précédentes et a fixé un objectif extrêmement rigoureux de réduction de la masse salariale.
Le propriétaire américain a également fait intervenir Unique Sports Group afin de faciliter les ventes. Une présence qui aurait toutefois créé plusieurs tensions autour de certains dossiers.
Le cas Pierre-Emile Højbjerg en est un exemple : l’OM souhaitait son départ après une offre de Newcastle, mais le Danois a refusé de rejoindre l’Angleterre.
Dans le même temps, Lorenzi et Bruno Genesio ont refusé d’entrer dans une logique de mise à l’écart systématique des joueurs dont le club souhaitait se séparer.
Paixao, symbole des tensions internes
Le dossier Igor Paixao résume parfaitement les contradictions de ce mercato. Lorenzi avait travaillé avec Sunderland pour obtenir une proposition autour de 30 millions d’euros, mais le secteur sportif a finalement estimé qu’une vente à ce montant n’avait plus beaucoup de sens.
Pourquoi ? Parce que l’OM n’aurait probablement pas eu les moyens ni le temps de remplacer son ailier brésilien.
L’Équipe explique ainsi que Lorenzi a fini par défendre le maintien du joueur face aux représentants du propriétaire, davantage favorables à une vente.
La même logique de stabilité aurait poussé l’OM à refuser un prêt de Neal Maupay à Auxerre.
Todibo, Gboho, Casseres… des pistes impossibles à finaliser
Malgré les blocages, Lorenzi a travaillé sur plusieurs pistes. Le directeur sportif avait notamment engagé des discussions avec Toulouse pour Yann Gboho et Cristian Casseres.
Il avait également obtenu l’accord de Jean-Clair Todibo. Selon L’Équipe, l’OM avait même envisagé un prêt payant de 2 millions d’euros, avec une prise en charge importante du salaire par West Ham, afin de respecter une limite d’environ 150 000 euros mensuels.
Mais Marseille n’a finalement pas réussi à réaliser suffisamment de départs et Todibo a rejoint Lens.
Un hiver déjà annoncé compliqué
Le bilan est donc particulièrement inhabituel pour l’OM : aucune recrue malgré de nombreux départs et plusieurs pistes travaillées. Lorenzi devrait désormais conserver l’essentiel de son effectif actuel, notamment Igor Paixao, alors que trois ou quatre ventes supplémentaires auraient été nécessaires pour espérer enregistrer de nouvelles arrivées.
Et les difficultés ne devraient pas disparaître rapidement. Selon L’Équipe, le mercato d’hiver pourrait lui aussi être très compliqué financièrement.
Pour Grégory Lorenzi, le défi ne sera donc pas seulement de reconstruire sportivement l’OM, mais surtout de retrouver progressivement une marge de manœuvre financière suffisante pour pouvoir réellement agir sur le marché.