Après avoir encaissé cinq buts lors de ses deux dernières rencontres, l’OM se déplace à Rennes avec une défense sous pression. Pourtant, changer les hommes ou le système ne suffira pas. Pour retrouver de la solidité, Bruno Genesio doit surtout réparer ce qui se passe devant sa ligne défensive.
Lorsque les buts s’accumulent, les regards se tournent naturellement vers la charnière centrale et le gardien. CJ Egan-Riley peine à rassurer, les automatismes avec Nayef Aguerd restent à construire et Jeffrey de Lange ne parvient pas encore à compenser les déséquilibres de son équipe. Mais réduire les difficultés marseillaises à ces individualités serait trop simple.
Bruno Genesio semble d’ailleurs avoir écarté l’idée d’une révolution. Selon L’Équipe, le technicien devrait maintenir son 4-2-3-1 face à Rennes. La semaine de travail aurait surtout été consacrée à l’animation défensive et à la gestion des transitions. Un choix logique : le problème de l’OM ne commence pas dans sa surface, mais beaucoup plus haut sur le terrain.
Une défense trop souvent abandonnée
Face au Paris FC, Marseille s’est régulièrement retrouvé coupé en deux. Lorsque le premier pressing était éliminé, les adversaires pouvaient progresser rapidement vers une défense contrainte de gérer de grands espaces. Dans ces conditions, chaque perte de balle offensive devient une situation potentiellement dangereuse.
Le manque de solutions au milieu, avec les absences de Geoffrey Kondogbia et Tochukwu Nnadi, accentue encore cette fragilité. Pierre-Emile Højbjerg ne peut pas, à lui seul, fermer l’axe, couvrir les montées des latéraux et ralentir toutes les transitions adverses.
La réponse devra donc être collective. Les joueurs offensifs seront les premiers concernés. Gouiri devra orienter les relances rennaises, tandis que Paixão, Harit ou Angel Gomes devront immédiatement réagir à la perte du ballon. Il ne s’agit pas seulement de courir davantage, mais de courir ensemble et au bon moment.
Défendre mieux pour exposer moins les défenseurs
Genesio doit surtout parvenir à raccourcir son équipe. Si les attaquants pressent sans être suivis par les milieux, l’OM ouvre des espaces. Si les deux latéraux montent simultanément sans couverture, la charnière se retrouve exposée. Si le porteur perd le ballon dans l’axe sans contre-pressing immédiat, Rennes peut attaquer une défense lancée vers son propre but.
À Rennes, la prestation d’Egan-Riley ou de son éventuel concurrent sera forcément observée. Mais le véritable indicateur sera ailleurs : dans la distance entre les lignes, le repli des ailiers et la réaction collective après chaque ballon perdu.
La défense de l’OM commencera donc avec Gouiri et ses partenaires offensifs. Genesio ne protégera pas son arrière-garde en ajoutant mécaniquement un défenseur supplémentaire, mais en évitant de l’abandonner. Avant de redevenir séduisant, Marseille doit apprendre à former un bloc. C’est probablement le chantier le plus urgent du moment.