Au lendemain de l’élimination de l’Olympique de Marseille en Ligue des champions après la lourde défaite à Bruges (3-0), l’avenir de Roberto De Zerbi suscite de nombreux débats. Fragilisé sur le banc marseillais, l’entraîneur italien conserve toutefois le soutien de Daniel Riolo. L’éditorialiste de l’After Foot a livré une analyse nuancée, reconnaissant les manques de l’OM tout en estimant qu’un départ immédiat du technicien ne serait pas judicieux.
Riolo : « Ce genre de coach a besoin de temps »
Daniel Riolo insiste d’abord sur la complexité du projet porté par Roberto De Zerbi et sur les exigences élevées imposées à son effectif. Selon lui, la capacité à enchaîner des changements tactiques fréquents nécessite une grande maturité collective.
« Il faut une sacrée maturité dans un effectif pour supporter des compos différentes. Je ne vois pas beaucoup d’entraîneurs faire ça en Europe », explique-t-il.
Il cite l’exemple de Mikel Arteta à Arsenal, à qui du temps a été accordé malgré des débuts difficiles, ainsi que celui de Luis Enrique au PSG, qui a trouvé la bonne formule après avoir simplifié ses choix tactiques.
« Roberto De Zerbi doit être capable de constater s’il a des joueurs assez matures pour suivre cette pensée, l’adaptabilité, passer de trois à quatre derrière d’un match à l’autre. C’est très compliqué, et ça ne marche pas. »
« Ce n’est pas une bonne idée qu’il s’en aille maintenant »
Daniel Riolo pointe ensuite l’inconstance chronique des performances marseillaises, qu’il juge difficile à expliquer. Il évoque des problèmes mentaux et une attitude parfois défaillante de certains joueurs.
« L’inconstance est le point où personne n’a d’explication. Il y a le mental, on a l’impression que des joueurs se prennent pour d’autres. Quand on dit que l’équipe choisit ses matches, je pense que c’est vrai. »
Malgré ce constat sévère, l’éditorialiste estime qu’il existe une base de travail depuis l’arrivée de De Zerbi.
« Quand tu as été capable, même si ce n’est pas à chaque match, de faire ce que l’OM fait depuis qu’il est là, il y a un truc sur lequel j’aurais envie de faire durer un peu. Il y a une matière, ce n’est pas une débandade totale. »
Riolo reconnaît également la part de responsabilité de l’entraîneur dans la mauvaise gestion du match face à Bruges, tout en rappelant que ce type de coach nécessite du temps et un effectif adapté.
« Ce genre de coach a besoin de temps. Et le club doit se dire : on prend son temps ou non ? »