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Adeus André

Par Publié le - Mis à jour le
Andre VILLAS BOAS - au stade Dragao - Porto (Portugal)

Après un peu plus d’une saison et demie, André Villas-Boas a quitté l’OM. Le coach portugais laissera un souvenir mitigé, pour autant il ne faut pas tout jeter avec ce départ précipité mais à la fois attendu… 

 

 

J’étais sceptique lors de son arrivée à Marseille, les papiers lus sur ses passages en Premier League et en Russie le présentaient comme un coach adepte de la pleurnicherie en conférence de presse. Pas vraiment réjouissant après presque trois ans de l’expert en langue de bois Rudi Garcia. Mais bon après tout, ce qui compte c’est le jeu et Villas-Boas n’avait pas caché son affection pour Marcelo Bielsa et Pep Guardiola. Mais surtout ce dernier nous avait promis du spectacle : « Je ne suis pas un entraîneur qui ne vise que le résultat. Je ne suis pas un entraîneur défensif. Je veux jouer un football offensif comme le slogan de l’OM « Droit au but », expliquait-il en conférence de presse le 29 mai 2019 lors de sa présentation. Un vœu qui n’aura pas tenu sur la durée…

 

 

Une fin d’année 2019 marquante

 

Car, il ne faut pas avoir la mémoire courte, si les débuts ont été poussifs, avec quand même des victoires face à Nice, Saint-Etienne et Monaco, l’OM d’AVB s’est vraiment lancé après deux grosses désillusions face au PSG en Ligue 1 et en Coupe face à l’ASM. En effet, la victoire face au LOSC lors de 12e journée, puis face à Lyon pour enchaîner une superbe série jusqu’à la trêve hivernale, a été fondatrice. Cette série n’a pas été que celle des bons résultats, car sur le terrain le jeu était clairement attrayant. Alors oui, ce n’était pas une équipe ultra-protagoniste avec le ballon, mais le pressing haut et la projection rapide des milieux comme Rongier et Sanson était remarquable. Payet était à la baguette, Sarr amenait de la vitesse et Radonijic était en mode supersub. On pouvait donc être rassasié en termes de jeu et de résultats, mais cela n’a pas duré…
Car dès début 2020, André Villas-Boas est passé en mode comptable. Le coach a oublié ses principes pour grappiller des points et consolider sa place sur le podium. L’effectif étant limité, ce dernier n’a pas voulu prendre de risques et a finalement atteint son objectif d’autant que le championnat s’est arrêté à la J28 et un triste nul 2-2 face à Amiens. Le technicien portugais a donc réussi à accrocher une qualification pour la Ligue des Champions, objectif qu’il était le seul à avoir fixé en début de saison. Les vrais problèmes ont commencé là, car le président Eyraud a fait sauter le fusible Zubizarreta, ce qui aurait dû entraîner le départ d’AVB. Jeu de dupes avec la direction, McCourt et les joueurs auraient convaincu le coach de rester pour une saison de plus et jouer cette fameuse Ligue des Champions…

 

Un jeu trop « Ligue 1 »

 

Villas-Boas a donc accepté de rester malgré un président sur une autre longueur d’onde. Il a même tout géré sur le plan sportif, y compris le mercato en attendant l’arrivée de Pablo Longoria. Sur le terrain, le message a été clair dès l’été 2020, l’OM allait attendre et contrer en C1. Une frilosité qui a été payée cash lors de cette campagne européenne totalement ratée. Ce manque d’allant offensif s’est aussi vu en Ligue 1, car après la défaite à Rennes, malgré une première mi-temps aboutie, l’équipe s’est écroulée. Villas-Boas a perdu pied dans sa communication et s’en est pris à plusieurs reprises aux journalistes, bien trop loin parfois. La crise de confiance et l’orientation sportive prônée par le duo Longoria / Eyraud ont eu raison de lui en janvier. Alors oui, je suis déçu du jeu proposé par l’OM depuis janvier 2020, mais l’on ne peut pas effacer l’investissement de Villas-Boas dans ce club, son ambition et sa sincérité.

 

 

Villas-Boas, un homme sincère

 

Car si Rudi Garcia avait fini par nous lobotomiser, au point de ne plus aller aux conférences de presse, Villas-Boas a redonné un réel intérêt à ce rendez-vous quotidien. Le côté humain de ce coach, attaché aux plaisirs simples comme un bon apéro ou des balades dans la Sainte Victoire, ont redonné une âme au club. Son discours sincère, même sur des sujets épineux, avait un peu réconcilié le club avec ses supporters. Son départ était prévisible, les signaux étaient forts et son exaspération palpable. L’OM continue sans lui, mais on n’oubliera pas l’homme honnête malgré son côté sanguin et son jeu trop terne. Merci André, Adeus.

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