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C’est un accident ou c’est plus profond ?

Par Publié le - Mis à jour le
Boubacar Kamara - Olympique de Marseille pendant le match Lazio - OM au Stadio Olimpico, Rome, Italy le 21 Octobre 2021.

Dans quel état d’esprit les olympiens entreront-ils sur la pelouse ce soir ? Telle est la question que nous nous posons tous après cette défaite dans un match capital à Lyon.

Les débats ont couru sur tous les plateaux, sur les réseaux, comment expliquer le retournement de situation que nous avons vécu mardi soir ? Est-ce la poule qui fait l’œuf ou le contraire ?

On peut effectivement se demander si c’est le surcroît d’énergie des lyonnais dans la conquête du ballon à partir de la 52e, ou si ce sont les marseillais qui n’ont pas su masquer une certaine fatigue mentale, une volonté inavouée de juste contrôler le match, qui a entraîné ce retournement.

Nous savons tous à quel point le football est subtil, et qu’une rencontre finit parfois par basculer à partir d’un faisceau de signes qu’il faut avoir la vigilance d’observer afin de réagir.

Les signes se sont accumulés entre la 52e minute et l’égalisation lyonnaise, et nous ne pouvons que penser que s’il y avait eu un leader dans cette équipe olympienne, il aurait aboyé et réveiller les troupes pour faire front. Beaucoup ont avancé l’idée que Lyon l’avait emporté à la suite d’une modification tactique, le passage en 4-4-2 avec l’entrée de Dembele peu après la 60e, ce n’est pas du tout mon avis.

Lyon a réussi à reprendre le fil du match par un combat imposé aux marseillais, qui l’ont refusé comme s’ils s’étaient tous dit « non, c’est bon, nous sommes au-dessus de ça, nous vous battrons juste avec notre talent sans nous mettre chiffon contre vous qui ne le méritez pas, venez on vous attend, montrez-nous». Ils ont eu tort de la suffisance.

Chez les supporters de l’OM, ou tout du moins une bonne partie d’entre eux, on tombe à bras raccourcis sur Jorge Sampaoli.

De quoi serait donc coupable le coach argentin ?

Il n’a pas aligné Milik au départ, seul avant-centre de l’effectif et catégorisé « grand attaquant » ce qui est légitime. Il l’aurait également fait rentrer trop tard (85e), une marque d’irrespect à l’égard du buteur polonais qui avait claqué un pion après son entrée en coupe contre Montpellier.

Je ne partage pas cet avis. Loin de moi l’idée, le désir d’attaquer Sampaoli qui fait tout ce qu’il peut pour donner l’envie de gagner à ses joueurs. Milik a longtemps été maintenu après son retour de blessure, il ne s’est jamais réadapté au jeu de l’équipe. Il n’a plus été tranchant, d’ailleurs c’est comme si plus aucun défenseur ne le craignait. Il ne touchait presque plus le ballon.

À Lyon, en 2e mi-temps, nous sommes allés deux fois dans la surface adverse avec Guendouzi (servi par Luis Henrique) et Ünder quand il foire son occase de la 67e, au départ de laquelle il était sans doute hors-jeu devrions nous commenter. À quoi aurait servi Milik dans un moment où l’OM ne parvenait plus à remettre la main sur le match. Il aurait pu jouer un rôle de pivot… je n’ai jamais vu Milik dans ce rôle.

Faudrait-il donc tout remettre en cause à chaque échec, et surtout l’entraîneur auquel on ne laisse même pas le droit de trouver que si son équipe a fini par perdre c’est parce qu’elle s’est arrêté de jouer. Que ce serait à elle qu’il convenait de réagir et de s’organiser. Difficile de lui donner tort. C’est comme si faire entrer un défenseur supplémentaire aurait automatiquement rendu l’équipe plus hermétique. Peut-on rappeler que cela ne marche pas toujours. Et quand malgré tout, le renfort défensif ne peut remplir la mission d’éloigner le danger et que l’adversaire égalise et reprend l’avantage, alors c’est encore le coach qui est obligé de se faire traiter de tous les noms d’oiseaux pour avoir amené son équipe à reculer.

On a entendu les mêmes reprocher à Sampaoli de jouer la possession, tenir le ballon et l’inefficacité qui caractérise encore trop souvent le jeu de l’équipe. Mais moi cela me va très bien de voir mon équipe avec le ballon, on a pu s’apercevoir que lorsqu’on le laisse un peu trop à l’adversaire, les attaques arrivent par vagues et l’équipe est exposée.

J’espère que l’OM saura reprendre le cours de son jeu, que l’équipe trouvera très vite les ressources pour de nouveau nous offrir ce football de vitesse et d’évitement qui use l’adversaire. Si Milik entre un jour sur le terrain comme titulaire de nouveau, ce sera pour y rester, se procurer des occases, et les convertir.

Après la réception d’Angers, ce soir, nous saurons si la défaite lyonnaise était un accident ou si elle réflète un mal plus profond, une perte de confiance, voire une perte d’adhésion au discours de l’entraîneur. Méfions nous encore une fois d’Angers. Une équipe irrégulière du ventre mou, mais un club qui a toujours su nous emmerder. Attention !

Vive le grand Roger Magnusson !

Thierry B. Audibert

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