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OM : Villas-Boas et les mystères de Menpenti

Par Publié le - Mis à jour le
Andre VILLAS BOAS - au stade Dragao - Porto (Portugal)

Pilier du Marseille Champions Podcast, Yannis publie désormais, à l’envie, à l’inspiration, ses billets sur l’OM sur Football Club de Marseille…

 

 

Invaincus depuis de longs mois hors de leurs bases, les Olympiens continuent d’engranger des points et de la confiance dans leur quête du sommet du championnat hexagonal. Avec 24 points en 11 matchs disputés, l’OM d’André Villas-Boas se place même juste derrière le record de points de l’OM de Marcelo Bielsa à ce stade de la compétition (25). Humiliés en revanche sur l’échiquier continental, pris en grippe par une partie du public et des observateurs du club pour son manque de consistance dans le jeu, cet OM cristallise les critiques mais continue néanmoins d’avancer. Lucide sur la valeur de son groupe, le coach lusitanien maintient le cap avec la dextérité qu’on lui connaît.

 

 

Voir cet OM, moribond dans le jeu il y a encore quelques semaines, potentiel leader de Ligue 1 relève tout de même du mystère. Mais il faut se rendre à l’évidence, de ces petites victoires étriquées acquises en dépit de la manière est née la dose de confiance nécessaire au groupe dans une saison comme celle-ci. On l’a dit, écrit et répété, cette saison ne ressemble à aucune autre et l’aspect psychologique y tient un rôle prépondérant. Cette historique série d’invincibilité à l’extérieur et cette récente série de cinq victoires consécutives en Ligue 1 ne sont point le fruit du hasard. Le pragmatisme recèle toujours une part de maîtrise.

 

 

Alors certes l’OM d’André Villas-Boas ramène trois points de Strasbourg avec un seul tir au bout de l’ennui et les adeptes d’un certain romantisme ont pu y voir une insulte au football. Certes l’OM d’AVB a retrouvé la C1 en victime expiatoire et c’est en totale inadéquation avec l’ADN du club. Mais, loin des fantômes d’un passé glorieux qui hantent les mémoires olympiennes, le coach portugais est pleinement ancré dans la réalité d’une saison au goût particulier et conscient des limites de ses joueurs. Il y a peu de joueurs dans cet effectif véritablement rompus aux joutes européennes et à la capacité de répéter les efforts tous les trois jours.

 

 

Nous vivons une de ces saisons où les victoires, aussi courtes soient elles, constituent le meilleur remède contre l’usure physique. La gestion de l’effectif d’AVB parle pour lui, les entrants de Strasbourg forcent par exemple la décision, quand vendredi les entrants à Nîmes se chargent de sceller la victoire. Avec un Dimitri Payet de nouveau dynamique et déterminé, cette nette embellie dans le jeu doit trouver confirmation face à des adversaires plus coriaces. Car il est de notre devoir de supporters de demander toujours plus à cet OM.

 

« On se satisfait toujours de moins. Un jour, on se satisfait de tout. Et on croit que c’est le bonheur. » Jean-Claude Izzo – Total Kheops

 

 

Ce groupe avait besoin d’être secoué, et la récente descente des supporters à la commanderie s’est avérée aussi judicieuse que salvatrice. Elle marque un tournant. Sans cette ferveur, cette foi, cette exigence que les joueurs sont dans l’incapacité de ressentir depuis de longs mois, l’OM redevient un club banal pour ne pas dire une coquille vide. Il était légitime et vital que le peuple olympien se fasse entendre. Difficile de ne pas prendre en considération aujourd’hui le poids de ces travées vides dans les performances de nos olympiens.

 

 

Marseille est une vaste jungle urbaine, haletante et hétérogène. La cité phocéenne compte en effet 8 secteurs, 16 arrondissements et 111 quartiers officiels. Tous tournés vers la Bonne Mère et vers un même totem, l’OM. Ces quartiers portent des noms aux origines tantôt connues, tantôt remplies de mystères. C’est par exemple le cas du quartier de Menpenti. La légende raconte en effet que ce nom vient de la devise inscrite sur le fronton d’une bastide transformée en établissement scolaire et religieux en 1834 : « Marchi, toujou, e jamai m’en penti » (Je marche, toujours, et jamais je ne m’en repens). D’autres versions relient plutôt ce nom à une racine grecque, « Népense », une herbe qui servait à composer une liqueur ayant la vertu de chasser les idées noires et d’engendrer la gaité.

 

Troublante allégorie, l’OM d’André Villas-Boas marcherait-il vers son graal, biberonné à la liqueur de gaieté, sans regretter ses fautes ? Le mystère reste entier.

 

On ne le soulignera sans doute jamais assez, l’OM est le reflet de Marseille. Dans les virages du Vélodrome cohabitent à l’unisson 6 groupes de supporters (7, avant l’éviction des Yankee par Jacques-Henri Eyraud). Chaque groupe ayant sa propre identité et sa propre histoire. Comme pour la multitude de quartiers qui composent la cité aux 2600 ans d’histoire, ce décor hétérogène, mais animé de la même foi, fait le charme du club marseillais.

 

 

Cette saison n’a donc sans doute pas encore dévoilé tous ses mystères. « Le calendrier nous est favorable en mars, avril et mai. On doit être compétitifs dans ce mois-là. S’il y a quelque chose, on doit être prêts, mais on parlera du titre en mars » clame André Villas-Boas. Rassemblés sous la bannière blanche ornée d’une croix bleue, riches de nos seuls doutes et de notre indéfectible amour du maillot, il nous incombe de soutenir cet OM dans cette mystérieuse saison au contexte si particulier, quelque soit le goût de nos victoires et l’âpreté de nos défaites. « Je marche, toujours, et jamais je ne m’en repens. »

 

De grands fachs resplend la cioutat de Marseilles

 

Yannis
@B_Yannis_

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