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Mercato : Qui pour gérer le sportif de l’OM ?

Par La Redaction FCM - Publié le - Mis à jour le

L’Olympique de Marseille s’apprête à ouvrir un nouveau chapitre de son projet sportif. Après une saison marquée par des interrogations structurelles et un manque de lisibilité dans la prise de décision, la question centrale est désormais claire : qui doit piloter le sportif, et surtout selon quel modèle ?

 

Car au-delà des noms, c’est bien une philosophie et une organisation qu’il faut définir. Aujourd’hui, le football moderne ne se construit plus uniquement autour d’un entraîneur ou d’un directeur sportif, mais autour d’un système global. Et c’est précisément ce qui semble avoir manqué à l’OM cette saison.

 

Quelles méthodologies à utiliser à l’OM ?

 

Dans le football, il existe plusieurs méthodologies de clubs.

 

Les clubs de construction sont ceux qui acceptent le temps long, la progression et la valorisation des joueurs. Ils savent que leurs résultats peuvent être impactés à court et moyen terme. Des clubs comme Brighton, Brentford ou Leipzig incarnent ce modèle. Ici, l’objectif est avant tout la progression, avec des attentes souvent plus individuelles que collectives dans un premier temps.

 

À l’inverse, les clubs de résultats immédiats sont dans une logique d’exigence permanente. Les performances sont obligatoires chaque saison, car elles conditionnent directement la stabilité économique et l’image du club. Le Real Madrid, Manchester City ou encore le PSG fonctionnent dans cette logique.

 

Entre les deux, on retrouve les clubs hybrides. Ils cherchent à construire sur le long terme tout en maintenant un certain niveau de résultats. L’exigence est présente, mais elle est progressive et maîtrisée. Dortmund, Naples, Monaco, et dans une certaine mesure l’OM, entrent dans cette catégorie.

 

L’OM se trouve aujourd’hui dans une position délicate. Le club a besoin de construire, de structurer, de poser des bases solides. Mais il ne peut pas se permettre d’abandonner l’exigence de résultats, qui est inhérente à son statut, à son environnement et à ses contraintes économiques.

 

C’est toute la difficulté : être à la fois un club de projet et un club d’obligation de résultats.

 

Comprendre les modèles de structuration 

 

Pour avancer, il est essentiel de comprendre les différents modèles d’organisation dans le football. Le modèle classique, encore présent dans plusieurs clubs comme l’OM ou Séville, repose sur une hiérarchie assez simple : un président, un directeur sportif et un entraîneur. Mais les rôles sont souvent flous, et les responsabilités peuvent se chevaucher.

 

Le modèle moderne, adopté par des clubs comme Brighton, Manchester City ou le Bayern Munich, repose sur une structure beaucoup plus claire. Un responsable du football supervise l’ensemble des opérations sportives, avec des départements bien définis : recrutement, data, formation. Le coach devient alors un maillon du système, et non le centre du projet.

 

Enfin, le modèle du manager, historiquement très présent en Angleterre, donne les pleins pouvoirs à l’entraîneur. Ce modèle tend aujourd’hui à disparaître au profit d’organisations plus structurées, Manchester United avait eu recours à ce système avec Amorim.

 

Les erreurs sportives de l’OM cette année ?

 

L’une des grandes problématiques de l’OM cette année a été l’absence de clarté dans la répartition des rôles. Qui décide ? Qui valide ? Qui structure ?

 

Plusieurs témoignages ont laissé apparaître une confusion, avec des joueurs reprochant notamment à Mehdi Benatia de concentrer trop de responsabilités. Il assurait à la fois un rôle de liaison entre le sportif et la direction, tout en étant impliqué dans la prise de décision.

 

Résultat : un modèle flou, où plusieurs fonctions clés semblaient regroupées en une seule personne. Et dans le football moderne, cette concentration des rôles est rarement une solution viable.

Quels modèles pour l’OM ?

 

Selon les informations récentes de l’Equipe, le club recherche un profil capable de maîtriser la data, la formation, le recrutement et le trading de joueurs. Une vision moderne, en phase avec les tendances actuelles.

 

La vraie question est donc la suivante : que veut devenir l’OM ?

Un club de développement, focalisé sur la valorisation des joueurs ? Ou un club capable d’allier construction et performance immédiate ?

 

Le modèle idéal semble être un modèle hybride structuré : 

 

  • Un responsable du football (Head of Football) chargé de superviser l’ensemble du projet sportif.

 

  • Un directeur sportif, proche du terrain et des joueurs, responsable du mercato (en lien avec les cellules et responsable du football) et des négociations.

 

  • Un entraîneur en adéquation avec la philosophie du club.

 

  • Une cellule de recrutement structurée, appuyée par des méthodes claires et une utilisation de la data.

 

Clarifier les rôles : 

Dans cette organisation, chaque fonction doit être définie avec précision.

 

Le Head of Football définit la philosophie, structure les équipes, supervise l’ensemble du projet et prend les grandes décisions.

 

Le directeur sportif fait le lien entre la direction et le vestiaire. Il gère le mercato (en lien avec le Head of Football et la cellule de recrutement), les négociations et participe aux décisions stratégiques.

 

Le coach travaille avec un cadre défini. Il exprime ses besoins, mais s’inscrit dans une logique globale.

 

La cellule de recrutement identifie les profils, analyse les joueurs et remonte les informations au responsable du recrutement, puis au directeur sportif et au Head of Football.

 

 

Les profils pour le poste de Head of Football : 

 

  1. Julien Fournier : 

 

Son nom revient régulièrement. Il présente plusieurs qualités recherchées : une connaissance du championnat, une capacité à utiliser la data et une certaine adaptabilité aux contextes de club. Il a également déjà connu l’OM.

 

Un point important : lorsqu’il s’engage, il s’inscrit généralement dans la durée. Ses expériences montrent une certaine stabilité, ce qui correspond aux besoins du club.

 

  1. Brendan MacFarlane :

 

Profil moins connu du grand public, mais intéressant. Passé notamment par Manchester City et Brentford, il a joué un rôle important dans la structuration du recrutement, notamment à Toulouse.

 

Son profil est très orienté data et méthodologie. Il représente une nouvelle génération de dirigeants, centrés sur les processus.

 

Cependant, ce serait pour lui une première expérience à la tête d’un projet global.

 

  1. Florent Ghisolfi

 

Profil moderne, habitué aux logiques de data et de trading. Il connaît le contexte français et a déjà travaillé dans des environnements exigeants.

 

La question reste sa capacité à s’inscrire dans un projet long terme, lui qui a connu des passages assez courts dans ses expériences récentes.

 

  1. Bruno Skropeta

 

Profil plus discret, ancien dirigeant monégasque. Aujourd’hui agent, il dispose d’un réseau important en France et à l’international.

 

Reste à savoir s’il serait prêt à revenir dans une structure club, et dans un rôle de structuration sportive.

 

  1. Lee Congerton

 

Profil expérimenté à l’international, passé par Chelsea, Leicester ou encore l’Atalanta. Habitué à participer à des projets sportifs structurés.

 

Son manque de connaissance de la Ligue 1 et du contexte marseillais peut être un frein, mais son expérience reste un atout.

 

  1. Devy Rigaux

 

Profil jeune mais déjà reconnu pour son travail au Club de Bruges. Il s’inscrit dans une logique de construction et de développement.

 

Reste à savoir s’il serait prêt à relever un défi aussi exposé que celui de Marseille.

 

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Et le rôle de directeur sportif ?

 

Il est également important de distinguer le rôle de directeur sportif.

 

À l’OM cette saison, une erreur majeure a été de cumuler plusieurs fonctions en une seule personne. Le directeur sportif doit rester dans son rôle : négociation, gestion de l’effectif, proximité avec les joueurs.

 

Il ne doit pas être l’unique décideur du projet global.

 

Dans ce rôle, il est essentiel d’avoir un profil qui connaît le club, le contexte et qui sait comment parler a des joueurs.

 

  1. Steve Mandanda

 

Son nom revient régulièrement. Le voir directement dans un rôle opérationnel complet serait prématuré. En revanche, dans un rôle de liaison entre la direction et le vestiaire, il pourrait apporter beaucoup.

 

  1. Dimitri Payet ou Fred Brando (ou autre profil proche du vestiaire)

 

Même logique. Des profils qui connaissent le club, le contexte et les exigences, mais qui devront être accompagnés par une structure forte au-dessus d’eux.

 

Conclusion : 

 

Plus que des noms, l’OM doit définir un modèle clair. Le football moderne impose une organisation structurée, avec des rôles définis et une vision cohérente.

 

Sans cela, même les meilleurs profils ne pourront pas fonctionner durablement. 

La priorité de l’OM n’est donc pas seulement de recruter un homme, mais de construire un système.

 


Mathis Seghetto

 

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