L’ancien meneur de jeu marseillais estime que Medhi Benatia a été injustement critiqué pour ses prises de parole et juge qu’Habib Beye a subi un traitement excessif depuis son arrivée sur le banc de l’OM. Dans un entretien accordé à L’Équipe, Samir Nasri livre une analyse sans détour des derniers mois agités vécus par le club phocéen.
L’Olympique de Marseille continue de panser les plaies d’une saison mouvementée. Entre les tensions internes, les départs successifs de Pablo Longoria et Medhi Benatia, les performances irrégulières de l’équipe et l’avenir encore flou d’Habib Beye, le club phocéen reste au cœur de toutes les discussions.
Dans ce contexte, Samir Nasri a choisi de sortir du silence. Interrogé par L’Équipe, l’ancien international français a pris position sur deux des sujets les plus sensibles de l’actualité marseillaise : les sorties médiatiques de Medhi Benatia et les critiques visant Habib Beye.
« Benatia décrivait exactement ce que les supporters voyaient »
Très critiqué après plusieurs déclarations fracassantes visant les joueurs de l’OM, notamment après les défaites à Lorient ou Nantes, Medhi Benatia peut compter sur le soutien de Samir Nasri.
L’ancien milieu offensif estime que le désormais ex-directeur du football n’a fait que dire tout haut ce que beaucoup pensaient tout bas.
« Il avait une mission, celle d’imposer une rigueur à ce club, de l’excellence en termes de comportement, d’envie, d’abnégation. Et plusieurs fois, il s’est senti trahi par des joueurs, dont certains qu’il avait lui-même fait venir. Par ailleurs, ses sorties permettaient à d’autres de rester discrets… Medhi, cela ne l’a jamais dérangé d’être le méchant flic dans un duo. Et surtout, à chaque fois, j’ai compris ses prises de parole. Cela me parlait comme supporter de l’OM, il décrivait exactement ce que j’avais vu sur le terrain. À certains moments, des joueurs abandonnaient ou avaient un manque dans certaines performances, comme à Lorient ou à Nantes. On ne peut pas lui reprocher de s’être engagé jusqu’au bout. »
Une déclaration qui ressemble également à une pique à peine voilée envers Pablo Longoria. Nasri souligne en effet que les interventions de Benatia permettaient à « d’autres de rester discrets », laissant entendre que l’ancien président marseillais s’est parfois caché derrière son directeur du football lors des moments les plus compliqués.
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Habib Beye victime d’un procès permanent ?
L’autre sujet qui a poussé Nasri à réagir concerne Habib Beye. Arrivé dans un contexte extrêmement délicat, l’ancien consultant de Canal+ a régulièrement été la cible de critiques, parfois davantage liées à son passé médiatique qu’à son travail d’entraîneur.
Pour Nasri, le traitement réservé à l’ancien capitaine olympien a été particulièrement injuste.
« J’ai trouvé ça injuste. On devait juger Habib Beye pour sa capacité ou pas à entraîner l’OM, cela n’aurait dû être que cela ces quatre derniers mois. On ne doit pas le juger parce qu’il y a trois ans, il a déclaré qu’il ne comprenait pas la gestion du cas Mbappé par Luis Enrique. Il était alors payé pour être consultant et donner son avis. Et quand il est devenu entraîneur, tout le monde l’attendait avec un fusil de sniper pour lui tirer dessus. Ce n’est pas correct. Si on veut avoir des consultants engagés, qui apportent une plus-value, on ne peut pas les attaquer comme ça. »
Alors que l’avenir de Beye reste suspendu à la décision de la nouvelle direction incarnée par Stéphane Richard et Grégory Lorenzi, Samir Nasri a clairement choisi son camp. Pour l’ancien enfant du Vélodrome, Benatia comme Beye ont payé le prix d’une saison chaotique dont ils ne sont pas les seuls responsables.