Dans un contexte sportif et institutionnel agité, la situation de l’Olympique de Marseille continue de susciter des réactions. Interrogé dans un dossier de La Provence, Jacques Cardoze, ancien directeur de la communication du club entre 2021 et 2022, livre une analyse critique de la stratégie actuelle et pointe une instabilité qu’il juge préjudiciable.
Pour Jacques Cardoze, l’un des maux principaux du football moderne — et particulièrement à Marseille — réside dans le renouvellement constant des effectifs. « L’une des caractéristiques du foot d’aujourd’hui est le changement, deux fois par an, d’une partie de l’équipe », observe-t-il.
Une dynamique qui, selon lui, empêche toute continuité sportive. L’ancien dirigeant insiste sur les conséquences directes : absence d’automatismes, difficulté à installer une cohésion collective et frein au travail du staff technique. « Je ne vois pas comment on peut créer une cohésion, un esprit de club, lorsque les joueurs valsent tous les six mois », regrette-t-il.
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Un effectif compétitif mais un projet fragile
Le constat est d’autant plus amer que Jacques Cardoze reconnaît la qualité de l’effectif construit cette saison par Pablo Longoria et Medhi Benatia. « On sentait que l’équipe avait un très haut niveau », souligne-t-il.
Mais l’ancien responsable s’interroge sur l’irrégularité des performances, notamment après certaines rencontres de référence, comme celle face au Real Madrid. Une chute de régime qu’il attribue en partie à des facteurs internes, notamment liés à la gestion globale du groupe.
Il pointe également une logique économique qu’il juge incompatible avec les ambitions sportives : « Si le business plan est de faire tourner les joueurs tous les six mois pour maintenir le club à flot, cela se fait forcément au détriment du jeu ».
L’urgence d’un projet à long terme
Face à cette situation, Jacques Cardoze appelle à un changement de cap clair. Il plaide pour la mise en place d’un projet structuré sur plusieurs saisons, estimant qu’une vision à court terme empêche toute construction durable.
« Il faut construire des projets cohérents sur deux ou trois ans », insiste-t-il, regrettant une forme d’instabilité chronique qui empêche l’émergence d’une identité forte.
Retrouver une identité marseillaise
Au-delà de l’aspect purement sportif, l’ancien dirigeant met en avant la question de l’attachement des supporters. Pour lui, l’absence de continuité nuit à l’identification du public à son équipe.
Il insiste sur la nécessité de bâtir un socle solide autour de joueurs clés : « Il faut quatre à cinq joueurs qui sont l’âme du club ». Une base essentielle pour recréer un sentiment d’appartenance et une stabilité dans le temps.
En conclusion, Jacques Cardoze résume son inquiétude par une formule forte : « On ne construira rien en valsant tous les six mois ». Un avertissement qui résonne alors que l’Olympique de Marseille cherche toujours à concilier ambitions sportives et contraintes économiques.