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Vente OM : Gérard Lopez, le (dangereux) projet trading de joueurs ?

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09.04.2011 Sepang, Malaysia, Gerard Lopez (FRA), Lotus Renault GP owner - Formula 1 World Championship, Rd 02, Malaysian Grand Prix, Saturday - www.xpb.cc, EMail: [email protected] - copy of publication required for printed pictures. Every used picture is fee-liable. © Copyright: Charniaux / xpb.cc

 

 

Le projet de Gérard Lopez pour le rachat de l’OM fait beaucoup de bruit dans la presse depuis plusieurs semaines.

 

Des fuites qui ne bénéficient certainement pas à la partie vendeuse mais rajoute de l’épaisseur (ou des blâmes) au dossier de l’acquéreur. Des fuites qui ne sont sans doute pas étrangères à l’implication d’un certain Michel Moulin (le 10Sport, Paru Vendu…) et ces méthodes de communications « agressives » dans le Team Lopez.

 

Si le jeu médiatique n’est qu’un aspect de la vente, hautement commentée ces derniers temps, un versant beaucoup plus intéressant pour le futur de l’OM se dévoile de plus en plus : l’implication de structure de trading de joueurs !

 

 

 

Fair Play Capital après Mangrove Capital : Lopez, la rentabilité avant la dépense

 

 

Lorsque le nom de Gérard Lopez est apparu sur le devant de la scène, la liaison avec Mangrove Capital avait été immédiatement faite. En effet, l’homme d’affaire luxembourgeois fut l’un des fondateurs de ce fond d’investissements qui regarde de très près le marché du football en Europe.

 

Pour nous expliquer la démarche de Mangrove, nous avions demandé des renseignements à Thierry Granturco, avocat spécialisé dans les affaires du sport qui travaille avec eux sur certains dossiers: « Ils connaissent le football, leur stratégie première était avant tout d’investir dans des clubs qu’ils disaient secondaires.

 

Donc pas un très gros club avec une très grande marque, ils étaient plutôt partants pour s’investir dans différents pays, dans différents clubs qu’ils considéraient comme secondaires mais dans lesquels ils voyaient des potentialités de développement essentiellement de marque. Ils sont à l’affût et le club sur lequel je travaillais avec eux par exemple est un club où on est sur des sommes beaucoup plus réduites qu’à l’OM mais où la marque est potentiellement très importante. Seul, à Marseille, ça ne me semble pas être dans leur stratégie. »

 

 

A lire aussi : Exclu FCM – OM : Les acheteurs potentiels décryptés par un spécialiste

 

 

Pour résumer, Mangrove n’investit pas dans des clubs à perte à la manière d’un Qatar mais recherche avant tout le retour sur investissements. Une stratégie à laquelle doit avoir participer l’ancien propriétaire de la Team F1 Lotus. Un indice sur sa vision à moyen terme de l’actif OM ?

 

Gérard Lopez ne fait plus partie de la structure dirigeante de Mangrove depuis Octobre 2014 soit quelques mois après la création par l’un de ses proches (Laurent Pichonnier) d’un autre fond d’investissements entièrement dédié au football : Fair Play Capital.

 

 

 

Fair Play Capital, le petit nouveau de la TPI

 

 

Cette fois-ci, Fair Play Capital ne s’intéresse pas au rachat de marque ou de club mais regarde plutôt les produits joueurs. Leur brochure décrit ainsi le joueur comme un « actif sous-jacent du produit structuré. »

Hum ! Football  passion !

 

 

Pour faire simple, vous connaissiez la TPO (qui a depuis été interdite) ? La TPI (ce que pratique FPC) est son alternative !

 

TPI pour Third Party Investments, littéralement Tierce Partie Investisseuse dans la langue de Molière.

 

C’est un principe déjà connu par les fans de l’OM puisqu’il a par exemple permis de vendre Imbula à Porto.

 

 

Imbula_Porto

 

 

Rappelez vous, Labrune, alors encore sûr de son coup, détaillait en Septembre dernier dans une interview pour L’Équipe Magazine le rôle de Doyen Sport en tant qu’organe de TPI dans la cession du milieu de terrain.

 

« L’OM n’a plus de banque pour la soutenir et l’actionnaire ne souhaite plus boucher les trous de trésorerie, alors, comment fait-on ? On se laisse mourir ? Les fonds d’investissement peuvent nous être d’une grande aide en termes de financement ou de trésorerie. Où est le problème ? Les représentants de Doyen Sports m’ont appelé le 15 juin dernier pour me dire : “On est à Paris, au Plaza Athénée, avec Pinto da Costa, le président du FC Porto. Peut-on se voir pour Imbula ?” L’OM a alors besoin de liquidités, eh bien, je ne crache pas sur 20 M€ ! » disait-il.

 

Comprendre Doyen Sport a jugé l’actif Imbula comme intéressant, a prêté les liquidités au FC Porto en les poussant à l’acheter. Malgré les premiers mois désastreux de l’ex-olympien au Portugal, il fut tout de même revendu plus cher  au mercato hivernal en Angleterre.

 

Une manière pour Doyen de rentrer dans ses sous et de faire une plus value même mineure sur l’actif. Imbula aurait peut être pu s’imposer sur le long terme chez les dragons mais il représentait aussi un risque financier pour Doyen qui ne se soucie guère de perspectives à long terme au niveau sportif.

 

 

 

Fair Play Capital prend toujours 50% de la plus value sur le joueur !

 

 

Si Gérard Lopez venait bien entiché de Fair Play Capital à l’OM, cela signifierait que la politique sportive du club serait indexée aux résultats financiers de la structure de trading. Ceux-ci prêtant de l’argent au club pour acheter des joueurs dont les performances sur le terrain deviennent des courbes de valeur à la bourse du football.

 

 

Last but not least, Fair Play Capital insiste sur la limpidité de son mode de fonctionnement. Ils prêtent de l’argent au club pour acheter des joueurs. Le dit-club a 5 ans maximum pour rembourser ce prêt et doit céder des garanties sur la billetterie et les droits TV en attendant. Et finalement en cas de revente, le fond d’investissement empoche 50% de la plus value.

 

 

C’est la version que rabâche partout Laurent Pichonnier, président du fond. Comme dans cet interview donnée au journal luxembourgeois L’essentiel : « Je prends l’exemple d’un club français qui n’a pas les moyens de s’acheter un joueur d’une valeur de deux millions d’euros. Et bien, Fonds Fair Play Capital finance entièrement cet achat. Mais, le club en question doit s’engager, dans un premier temps, à nous rembourser dans un délai de 5 ans (durée maximale d’un contrat de travail dans la plupart des cas pour les footballeurs professionnels). Dans un second temps, si le joueur fait l’objet d’un nouveau transfert, le club doit nous reverser 50% de la plus-value. »

 

 

Derrière l’excitation de la vente du club se cachent des profils qui changeront définitivement la manière d’opérer dans le foot en France. N’oublions pas que la dernière année de Vincent Labrune à  l’OM ressemble beaucoup à un président délégué par un fond d’investissement puisque l’effectif était peuplé de produits Doyen ou assimilé. On a vu le résultat…