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En Provence, il n’y a pas que l’OM… (1/5)

Par Publié le - Mis à jour le
Stade Vélodrome
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On entend régulièrement que l’Olympique de Marseille néglige la formation des jeunes. Selon de nombreux observateurs, le bassin méditerranéen est même inexploité par le centre de formation de l’OM. Ainsi, l’image du club en terme de formation se détériorerait au fil des années, à un tel point que de nombreux jeunes décideraient ouvertement de poursuivre leur formation ailleurs en France ou à l’étranger. Mais qu’en est-il vraiment ? Comment peut-on expliquer ce phénomène ? Les clubs amateurs sont-ils peu performants à la préformation ? Est-ce un problème de détection des jeunes pousses ? De niveau ? De confiance envers les jeunes ? Si l’OM n’avait donc pas vocation à être un club formateur, pourrait-il y avoir une place pour un autre club professionnel à Marseille en vue de développer un tel projet ? C’est l’objet du dossier en cinq parties concocté par Football Club de Marseille, qui se propose de livrer certains éléments de réponse à toutes ces questions finalement bien obscures. Dans cette optique, nous avons fait la rencontre de plusieurs présidents de clubs de la région.

 

En guise de première partie, nous vous proposons une présentation d’un certain nombre de clubs amateurs de la ville de Marseille. Si certains clubs ont pour objectif de faire évoluer aussi bien les équipes juniors que les seniors, d’autres privilégient la formation des jeunes, voire même une démarche plus « sociale », sans réelle obligation de résultat.

 

 

Ils essayent de jouer sur tous les tableaux

 

 

La section football de l’ASPTT Marseille, à l’origine de la création du club omnisports en 1907, compte actuellement 490 licenciés répartis dans une vingtaine d’équipes toutes catégories confondues (juniors et seniors). L’objectif du club ? « Leur apprendre la politesse, le respect des autres : joueurs, éducateurs, parents, spectateurs » nous confie Jean-François Verlaque, président de l’ASPTT Marseille. « Avant de gagner, il faut également les apprendre à perdre. » Une façon de dédramatiser la défaite, très souvent vue par les jeunes comme une fatalité.

 

De même pour l’US Endoume, un club historique connu du grand public, notamment pour ses épopées en Coupe de France. Basé dans un quartier populaire du 7e arrondissement de la ville de Marseille, le club d’Endoume tient à « être performant autant chez les jeunes que chez les seniors, et à Marseille, c’est quasi unique. » même si Patrick Michelucci, président du club, reconnaît que la tâche est loin d’être facile… Il en a pourtant la recette si l’on en croit ses propos : « Il faut chercher les joueurs et les prendre. Autrement, vous êtes soumis aux aléas des générations, avec des années plus ou moins bonnes. » Une méthode que le président d’Endoume se refuse d’appliquer : « À Endoume, nous avons fait le choix de travailler avec les jeunes du quartier, de bons éducateurs et de prendre le risque que des générations soient moins bonnes. »

 

 

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Ils se sont spécialisés dans la formation des jeunes

 

 

Le club du SC Air Bel, lui, privilégie la formation des jeunes. Pourtant, à sa création en 1992, le club du 11e arrondissement ambitionnait d’évoluer sur tous les fronts, à l’image d’Endoume et l’ASPTT. Seulement, en 2001, les choses ont changé pour le club, qui s’est confronté à de graves problèmes de trésorerie. Par la voix de son président, Chaib Draoui, le club affirme avoir dû trancher dans le vif pour finalement opter pour la formation des jeunes au détriment de la section seniors. « En créant le club, on s’était dit que la formation nous tenait plus à cœur, faire partie des clubs formateurs, comme le Paris FC dans la capitale. » Avec un accent particulier sur l’éducation : « Notre ambition, c’est de former des jeunes pour qu’ils réussissent, être un tremplin pour eux grâce à une vraie politique de préformation. » a déclaré Draoui dans un entretien accordé à Football Club de Marseille.

 

Le Burel Football Club, fondé en 1948 dans le célèbre quartier populaire de la Belle de Mai, fait également partie des clubs emblématiques de Marseille. Tout comme Air Bel, l’ambition du Burel était d’obtenir les meilleurs résultats possibles chez les grands et les petits. Finalement, le club dissout l’équipe seniors en 2008 pour s’axer sur la préformation, grâce à une « école de football (pour les enfants de 6 à 13 ans, ndlr) qui fait partie des plus belles et performantes de Marseille, peut-être même dans le trio de tête avec Air Bel. » souligne Jean-Louis Distanti, président du Burel.

 

Avec un monde professionnel « tellement difficile, avec beaucoup d’appelés et peu d’élus », Farouk Bayaoui, président du Club de Beaumont (12e arrondissement), né en 1970 sous le nom de Celtic de Beaumont, nous confie que son club a toujours prétendu œuvrer « exclusivement avec des catégories de jeunes (U6 à U17). » Le mot d’ordre du club : prendre des jeunes pour qu’ils parviennent à se « mélanger avec les autres, peu importe leur confession, religion ou race ». Là aussi, la dimension socio-éducative est fondamentale, afin de respecter ce qui fonde « les valeurs de la République Française », nous expose Farouk Bayaoui.

 

 

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Consolat : une exception dans le paysage marseillais ?

 

 

On ne présente plus le GS Consolat (depuis 1964), en passe d’accéder à la Ligue 2 la saison prochaine. Le club présidé par Jean-Luc Mingallon se trouve dans les quartiers nord de Marseille (15e arrondissement), réputés comme étant les refuges des trafics de drogue et autres règlements de comptes. Cette image, véhiculée (à tort ?) par les médias, épargne quelque peu le club de Consolat, qui tient à se démarquer des clichés intempestifs et améliorer ainsi la perception de l’opinion publique… Mingallon nous explique alors que « Consolat est un club très social. Chez nous, tout le monde peut venir jouer, qu’on soit gros, petit, mince, grand. Qu’un petit sache jouer ou pas, il trouvera sa place chez nous. » Compte tenu de la réussite des seniors à l’échelle semi-professionnelle, les places deviennent de plus en plus chères pour les jeunes : « On commence à refuser des inscriptions par manque d’éducateurs et de moyens. Il faut payer ces gens. Le bénévolat est mort, c’est la crise, tout le monde a besoin d’argent. » avoue le président de Consolat.

 

 

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Le FA Marseille Féminin : l’antichambre des féminines de l’OM ?

 

 

Avec la montée de la section féminine de l’OM en Division 1, comment ne pas évoquer les filles ? En effet, à Marseille, mis à part l’OM, un seul club féminin parvient à émerger : le FA Marseille Féminin. La présidente du FAMF Claude Cocchi nous décrit l’ascension de son club au fil des années, qui avait débuté sous l’escarcelle du Celtic de Beaumont : « Les filles ont commencé à engranger des victoires et à monter en catégories. Puis on s’est séparé des garçons pour s’appeler Celtic Marseille Féminin et par la suite Football Association Marseille Féminin (FAMF). » Avant d’ajouter que le FAMF peut se targuer d’avoir connu la Division 1 à une époque où l’OM ne proposait aucune équipe féminine. À ce sujet, Cocchi déplore qu’à l’époque, « les politiciens se moquaient du foot féminin, on n’en parlait pas. » De même, le FAMF ne jouit pas des possibilités d’antan, du fait de la concurrence exacerbée avec l’OM, particulièrement en terme de recrutement. « On fait des annonces sur les réseaux sociaux, on appelle certains éducateurs qui ont des filles en mixité (qui jouent avec les garçons, ndlr). Si on a supervisé une joueuse, on fait un courrier à un club. Après c’est du bouche-à-oreille. Le FAMF est avant tout un club familial. » se défend Claude Cocchi. Tandis que l’OM valide sa montée en D1 et compte se greffer à l’élite du football féminin français, le FAMF se dirige vers une descente en Division d’Honneur…

 

 

Retrouvez demain la 2e partie de notre dossier consacrée aux relations entre les clubs locaux et l’Olympique de Marseille.

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