Le nouveau directeur sportif marseillais devra répondre de son changement de club devant la justice, dès le mois de septembre. À peine installé à la Commanderie, Grégory Lorenzi va devoir composer avec un dossier judiciaire hérité de son ancien club. L’OGC Nice a confirmé, ce mercredi, son intention d’assigner en justice le nouveau directeur sportif de l’Olympique de Marseille, l’accusant d’avoir rompu un engagement contractuel.
Une annonce assumée par la direction niçoise
C’est en conférence de presse que Maurice Cohen, président de l’OGC Nice, a officialisé la procédure. Le dirigeant azuréen n’a pas mâché ses mots pour justifier cette décision : « Le club veut se faire respecter. Nous, on ne nous fait pas de cadeaux. » Selon ses déclarations, rapportées par L’Équipe, Grégory Lorenzi aurait signé un contrat avant de revenir sur sa parole. « Il avait signé son contrat et il a changé d’avis. On a décidé de l’assigner au tribunal », a-t-il ajouté, précisant que la première audience se tiendrait dès le mois de septembre, vraisemblablement devant le conseil de prud’hommes.
Le différend remonte à la fin du mois de mai, au lendemain du maintien de l’OGC Nice en Ligue 1, arraché à l’issue d’un barrage face à l’AS Saint-Étienne (4-1). Grégory Lorenzi s’était alors engagé par écrit à rejoindre le club azuréen en cas de maintien dans l’élite.
L’ancien président niçois Jean-Pierre Rivère, en poste au moment des faits, avait détaillé les termes de cet accord : une clause spécifique permettait à Lorenzi de se désister uniquement dans l’hypothèse d’une relégation en Ligue 2. Le maintien obtenu rendait donc cette clause de sortie caduque. Or, à peine quinze jours après la signature, Lorenzi aurait sollicité un entretien avec Rivère pour lui faire part de son choix de rejoindre l’Olympique de Marseille.
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Un profil qui a fait ses preuves à Brest
Grégory Lorenzi, 42 ans, occupait jusqu’alors le poste de directeur sportif du Stade Brestois depuis 2016. Son bilan dans le Finistère a largement participé à sa cote sur le marché : sous son impulsion, Brest est passé de la Ligue 2 à une qualification en Ligue des champions en l’espace de six saisons, un parcours qui a naturellement attisé les convoitises des plus grands clubs français. Fin mai, l’OM avait officialisé sa nomination au poste de directeur sportif, un choix fort dans le cadre de la reconstruction du club phocéen.
Si la procédure judiciaire concerne avant tout Grégory Lorenzi à titre personnel, elle intervient à un moment charnière pour l’Olympique de Marseille, en pleine restructuration de son organigramme sportif. Reste à savoir si ce contentieux, dont l’issue pourrait déboucher sur des indemnités réclamées par l’OGC Nice, aura une incidence sur le début de mandat du dirigeant à la Commanderie. A noter que l’OM et Grégory Lorenzi n’ont pas encore réagi publiquement à cette annonce…
Au-delà de l’issue judiciaire, cette affaire pose une question plus large : celle de la valeur réelle des engagements verbaux et écrits dans un mercato des dirigeants de plus en plus concurrentiel. Un précédent dont d’autres clubs pourraient s’inspirer, en Ligue 1 comme ailleurs.
Paul Laffisse