Avec 23 joueurs convoqués durant cette trêve internationale, l’OM peut mettre en avant la vitalité de son centre de formation. Mais derrière ce chiffre flatteur, très peu de jeunes Marseillais sont aujourd’hui installés durablement en équipe première. Le vivier existe : c’est encore la passerelle vers le monde professionnel qui pose question.
Des sélections qui récompensent le travail de la formation
La trêve internationale permet de mesurer le potentiel présent au centre de formation olympien. Sur les 23 joueurs de l’OM appelés avec leurs sélections, dont voici le programme complet, seulement cinq appartiennent pleinement au groupe professionnel. Les autres évoluent avec les différentes équipes de jeunes.
Milan Leccese et Antoine Valero ont notamment été retenus avec l’équipe de France U19, Tadjidine Mmadi avec les U20, tandis que Kelyann Bezahaf, Ibrahim Gomis et plusieurs autres jeunes Marseillais ont rejoint différentes sélections.
Ces convocations démontrent que l’OM possède bien des joueurs reconnus au niveau national et international dans leurs catégories d’âge. Le problème ne semble donc plus uniquement être de détecter ou de former des talents.
Il consiste surtout à les accompagner jusqu’à la Ligue 1.
Genesio commence à ouvrir la porte
Depuis le début de la saison, Bruno Genesio a offert du temps de jeu à plusieurs jeunes. Keyliane Abdallah et Tadjidine Mmadi ont régulièrement été utilisés, tandis que Kelyann Bezahaf est entré dans les dernières minutes du Classique face au PSG. Alexi Koum a également intégré plusieurs groupes professionnels.
Cette apparition de Bezahaf lors d’une affiche aussi exposée constitue un signal intéressant. Même si la durée de son entrée ne permet pas encore de parler d’installation durable, Genesio a choisi de lancer le jeune défenseur face au meilleur adversaire du championnat.
L’entraîneur marseillais avait déjà utilisé plusieurs minots durant la préparation. Bezahaf, Koum, Abdallah, Mmadi et Kamissoko figuraient notamment parmi les jeunes susceptibles d’intégrer la rotation professionnelle.
Genesio avait toutefois appelé à la prudence :
« Ce sont des garçons en apprentissage qui ont des qualités, qui doivent encore beaucoup travailler. Mais cela prouve qu’on pourra certainement compter sur certains d’entre eux. »
Une position logique. Un jeune performant avec les U19 ou la réserve n’est pas automatiquement prêt pour jouer au Vélodrome, affronter le PSG ou supporter la pression d’une équipe en difficulté.
Mais l’OM doit également accepter qu’un jeune ne puisse progresser sans jouer. Attendre qu’il soit immédiatement au niveau de la Ligue 1 avant de lui donner sa chance revient souvent à lui fermer la porte.
Un véritable projet ne peut pas reposer sur la contrainte
Le contexte économique et la faiblesse quantitative de l’effectif obligent Genesio à regarder davantage vers le centre de formation. Abdallah et Mmadi ont déjà profité de cette ouverture, tandis que l’entrée de Bezahaf contre le PSG confirme que la porte n’est pas totalement fermée pour les autres éléments du centre.
Pourtant, un véritable projet de formation ne peut pas simplement consister à appeler des jeunes lorsque l’effectif est décimé. Il doit prévoir une progression précise : entraînements avec les professionnels, apparitions en fin de rencontre, titularisations ciblées, prêts cohérents et protection contractuelle.
L’OM doit aussi accepter les erreurs inhérentes à l’apprentissage. À Marseille, la pression du résultat pousse souvent les entraîneurs à privilégier des joueurs expérimentés, même lorsqu’ils sont en difficulté. Les jeunes disposent alors de quelques minutes pour convaincre avant de disparaître de la rotation.
Genesio semble prêt à leur ouvrir progressivement la porte, mais il faudra juger cette volonté sur la durée.