À chaque crise, l’OM semble chercher l’homme ou l’événement capable de tout changer : un entraîneur providentiel, une recrue spectaculaire ou le rachat du club par un propriétaire aux moyens considérables. Mais les difficultés marseillaises dépassent largement une seule personnalité. L’OM n’a peut-être pas besoin d’un nouveau sauveur, mais enfin d’un projet capable de survivre aux hommes.
Genesio ne peut pas tout réparer seul
Arrivé durant l’été, Bruno Genesio devait reconstruire une équipe compétitive, proposer un jeu ambitieux et replacer l’OM dans le haut du classement. Quelques semaines plus tard, l’entraîneur doit déjà répondre aux questions sur son avenir après cinq défaites consécutives.
Son bilan reste insuffisant et certains de ses choix peuvent naturellement être discutés. Mais Genesio travaille avec un effectif considérablement réduit après un mercato marqué par onze départs et aucune arrivée.
L’entraîneur ne possède pas de véritable doublure à plusieurs postes et doit composer avec différentes blessures. Lui demander de régler seul les problèmes sportifs, physiques et psychologiques de l’équipe serait donc illusoire.
Genesio peut améliorer l’organisation, trouver un système plus adapté et responsabiliser ses joueurs. Il ne peut pas créer la profondeur d’effectif qui manque ni résoudre les problèmes financiers du club.
Dans ce contexte, un départ de Genesio ne réglerait probablement rien. Son éventuel remplaçant se retrouverait confronté aux mêmes limites quelques semaines plus tard.
Ni recrue miracle, ni rachat magique
La tentation consiste également à attendre le mercato hivernal. Mais l’OM doit encore réduire ses dépenses et atteindre les objectifs financiers fixés par la DNCG. Le club pourrait donc ne pas être en mesure de se renforcer en janvier et chercher, au contraire, à poursuivre la baisse de sa masse salariale.
L’autre grand fantasme reste celui d’un rachat. À chaque période difficile, les rumeurs et les espoirs autour d’une vente de l’OM reviennent. L’arrivée d’un propriétaire plus puissant financièrement est alors présentée comme la solution susceptible de tout régler.
Un changement d’actionnaire pourrait évidemment modifier les ambitions et les moyens du club. Mais il ne garantirait ni la compétence sportive, ni la stabilité, ni la cohérence du recrutement. Injecter davantage d’argent sans définir une organisation claire ne ferait que repousser les mêmes problèmes.
L’attente permanente d’un rachat peut également empêcher de regarder la situation actuelle avec lucidité. Pour le moment, Frank McCourt reste propriétaire et l’OM doit construire avec cette réalité, même si sa politique suscite une contestation croissante chez les supporters.
Un cap plutôt qu’un nouveau héros
L’OM doit définir une méthode qui ne dépend pas uniquement de l’entraîneur, d’un joueur ou du propriétaire en place : une politique de recrutement cohérente, une gestion financière lisible, une véritable passerelle avec le centre de formation et des responsabilités clairement réparties.
Cela suppose aussi d’accepter qu’une reconstruction prenne du temps. À Marseille, l’environnement pousse naturellement à réagir après chaque défaite. La passion du club transforme rapidement chaque nouvel arrivant en héros potentiel, avant de le désigner comme responsable lorsque les résultats ne suivent plus.
Cette saison, Genesio doit évidemment trouver des réponses. Les joueurs doivent assumer leur part de responsabilité. La direction, enfin, ne peut pas demander à l’entraîneur de porter seul un projet dont il ne maîtrise ni les moyens ni les décisions économiques.
L’OM n’a pas besoin d’attendre un nouveau sauveur ou une hypothétique révolution. Il a surtout besoin d’un cap suffisamment solide pour ne plus devoir tout recommencer à chaque crise.